
Entretien? Le Dr Fadel Mokhtar est le directeur de l'hôpital national sahraoui sis à Chahid el-Hafedh (camp des réfugiés de Tindouf). Pour lui, les Sahraouis n'auront une vie digne et saine qu'une fois indépendants.InfoSoir : Peut-on avoir un petit aperçu de la politique sahraouie de la santé 'Le Dr Fadel Mokhtar : La politique sanitaire sahraouie est claire. Elle est soulevée à chaque congrès du Front Polisario. A l'issue de chaque congrès, il est rappelé l'obligation de garantir une prise en charge médicale à tout Sahraoui où qu'il soit. Dans les camps et aussi dans les territoires libérés. Il est noté également la gratuité de cette prise en charge. Notre politique de la santé porte aussi sur la prévention, la formation et surtout sur la disponibilité du médicament. Nous nous efforçons, en dépit du peu de moyens dont nous disposons, à garantir une meilleure couverture vaccinale pour tous les enfants sahraouis. C'est un plan que nous respectons à la lettre. Le programme d'amélioration des services sociaux dans les camps de réfugiés sahraouis (2012-2014), élaboré par l'Unicef, démontre que la couverture vaccinale des enfants de réfugiés sahraouis est passée de 43 % à la fin 2009 à 70 % à la fin de l'année 2012. Sur ce point précis, tous nos partenaires sont sommés de nous avertir d'une quelconque difficulté de nous approvisionner en vaccins au moins deux ans à l'avance. Le temps de prendre toutes les précautions nécessaires. Il y va de la survie de nos enfants. L'eau potable est aussi un élément indispensable et l'une des préoccupations majeures des réfugiés.Comment faites-vous pour que cette eau soit disponible mais aussi de bonne qualité 'Pour la disponibilité, ce sont encore une fois nos partenaires ONG et l'UNHCR qui s'en occupent. Pour ce faire, des forages ont été réalisés à travers les wilayas (les camps). Nos équipes de bactériologues interviennent pour garantir une eau potable sans risque aucun et ainsi éviter les maladies à transmission hydrique.Vous parlez à chaque fois de partenaires, Docteur....Tout à fait. Comme vous le savez, tout ce qui est santé dans la RASD est financé de fonds parvenant sous forme de matériel et de médicaments des ONG et des pays amis, mais aussi de l'Algérie un pays que nous ne remercierons jamais assez pour toute l'aide qu'il nous apporte. Mais, à se fier aux déclarations récentes de part et d'autre, la crise économique dans certains pays a fait que ces aides sont en diminution constante.Comme déjà souligné auparavant, les réfugiés sahraouis dépendent directement des aides nous parvenant d'ailleurs. Ces deniers temps, ces aides se font de plus en plus rares. On n'y peut rien. On fait avec. Nous tentons quand-même de ne pas faire sentir particulièrement le manque des médicaments à nos concitoyens, les malades chroniques entre autres. Nous faisons en sorte que tout paraisse ordinaire.Mais dans les faits, ce n'est pas le cas...Je ne saurais vous mentir. Gérer une santé dépendant à 100 % des aides n'est vraiment pas chose aisée. A titre illustratif, on est dans l'incapacité d'élaborer un quelconque calendrier ou un plan à long terme d'autant que nous ignorons de quoi l'avenir sera fait.La solution 'Seul un Etat sahraoui indépendant pourrait remédier aux maux des Sahraouis.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : F H
Source : www.infosoir.com