Les étudiants dénoncent le manque criant de moyens didactiques qu'accuse ce centre universitaire qui a été, rappelons-le, inauguré par
le président de la République en janvier 2008.
Rien ne va plus au centre universitaire El Hadj Moussa Ag Akhamoukh de la wilaya de Tamanrasset, qui subit depuis plus d'un mois sous les spasmes des contestations et de protestation. Après le mouvement des étudiants (qui entament leur septième semaine grève), le personnel administratif et les enseignants ont fini par s'aligner et joindre le goupe de protestataires afin de défendre leur commune cause : mettre fin au laxisme et à l'indifférence de l'administration quant à l'amélioration de leurs conditions pédagogiques et socioprofessionnelles. «On a épuisé toutes les voix du dialogue.
On n'a plus rien à faire dans ce centre où tous les signaux sont au rouge», s'indigne un enseignant en expliquant que le courant entre l'administration et les enseignants ne passe plus à cause du comportement du directeur, qui «brille par son incompétence». «Il n'est pas capable de gérer un centre universitaire», enchaîne un autre enseignant qui, poussant la simplification jusqu'à son expression irréductible, réclame le départ de ce responsable. «Le centre a sérieusement mal de ce dirigeant et le ministre ferait mieux de l'envoyer à la retraite que de laisser la situation s'envenimer en raison de son impéritie et ses mensonges répétitifs», s'écrie une enseignante. «Un petit centre, de gros problèmes !» s'exclame une autre.
Les étudiants quant à eux dénoncent le manque criant de moyens didactiques qu'accuse ce centre universitaire qui a été, rappelons-le, inauguré par le président de la République en janvier 2008.
L'absence de laboratoires et de bibliothèque électronique pour les filières techniques, l'insuffisance d'ouvrages à la bibliothèque et le manque de nouvelles spécialités sont, entre autres, les points soulevés par des grévistes, qui veulent faire aboutir leurs revendications vaille que vaille, «même si cela nécessite de passer une année blanche. Chaque année le même scénario se reproduit. On a l'impression d'étudier dans un établissement secondaire», regrette un étudiant en 4e année de sciences juridiques et administratives.
Et d'ajouter : «Aucun changement n'a été effectué depuis mon admission dans ce centre. Toujours les mêmes problèmes et toujours les mêmes doléances. Les étudiants en ont assez des promesses de ce responsable. Nous avons eu recours à cette grève parce qu'on a l'impression qu'ils nous traitent comme des enfants qu'on calme en leur racontant un conte de fées ou en leur offrant des bonbons. Il se trompe.» « Nous n'avons pas demandé l'impossible. Si le directeur n'est pas à la hauteur de ses responsabilités, qu'il cède sa place à quelqu'un qui veut travailler. Sincèrement, on ne peut plus croire aux salades qu'on nous débite à l'administration. On veut du concret», tonne un étudiant en 3e année lettres et langue arabe.
A côté de lui, un étudiant en 3e année de sciences économiques explique que parmi les raisons qui ont motivé ce débrayage, il y a également le problème du manque de classes pour les étudiants en géologie et en sciences de la matière. «Ils étudient dans la salle des prières», dénonce-t-il, non sans signaler le retard accusé par la direction dans le lancement du concours de magistère pour les licenciés de l'ancien système et du mastère pour les étudiants du système LMD.
Pour sa part, le directeur du centre, Smaïl Rouina, a tenu à préciser que cette grève est fondée sur des faux problèmes puisque «les doléances des étudiants sont prises en charge. Les laboratoires seront bientôt opérationnels ainsi que la bibliothèque électronique dont le taux d'achèvement est à 100%. Nous étions clairs quant à l'ouverture du concours de magistère au niveau du centre, car ils savent pertinemment que nous avons un déficit important en matière d'enseignants de rang magistral. Tout de même, nous avons procédé, en collaboration avec l'université d'Alger, à l'organisation du concours cette année et nous avons 20 étudiants en post-graduation qui vont commencer les cours au plus tard la semaine prochaine. Pour ce qui est des nouvelles spécialités, je tiens à souligner que deux cahiers des charges, où est prévue l'insertion de nouvelles spécialités, sont en attente d'approbation». Invoquant le manque de classes pédagogiques, le responsable du centre a démenti catégoriquement le fait qu'on dispense des cours dans la salle des prières.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ravah Ighil
Source : www.elwatan.com