Tamanrasset - A la une

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La population de Tamanrasset a sérieusement été ébranlée par l'attaque terroriste d'In Amenas, d'autant que le spectre de l'attentat kamikaze ayant, rappelons-le, ciblé le bâtiment du groupement de la Gendarmerie nationale en mars 2012 plane toujours sur la ville et redoute une opération similaire sur le territoire de la wilaya.
Les citoyens que nous avons interrogés redoutent les répercussions de la situation au Mali sur leur région. «Nous avons toujours espéré que la crise au Mali sera résolue pacifiquement en adoptant une bonne politique de dialogue. Les Maliens sont nos frères et nous avons une histoire commune. Cette guerre risque d'avoir des conséquences fâcheuses sur le plan sécuritaire, économique, social et politique, et l'attaque d'In Amenas en est une preuve palpable. Le tourisme va s'empêtrer de nouveau dans une situation de crise. Les transactions commerciales réalisées dans le cadre du troc entre l'Algérie et les pays du Sahel (le Mali et le Niger) vont être inéluctablement compromises. Le Nord algérien a payé un lourd tribut durant les années 1990 et j'espère que le Sud n'aura pas le même sort», déplore Dahimi Salem, ancien P/APC de Tazrouk.
Les Touareg sont loin d'être rassurés par les déclarations des responsables : «Nous ne nous sentons pas à l'abri des attaques terroristes et il faut s'attendre à d'autres représailles de la part de ces extrémistes qui trouvent étrangement le moyen de franchir nos frontières et de toucher aux symboles de l'économie nationale. Il faut savoir que depuis le début de la guerre au Mali, on est hantés par le sentiment d'une probable réplique en Algérie, sachant que ces djihadistes ont essayé par tous les moyens d'impliquer notre pays dans le conflit», s'inquiète Ahmed B., fonctionnaire. Abondant dans le même sens, Brahim C., profondément troublé, n'a pas caché son inquiétude sur ce qui s'est passé aux champs gaziers de Tigantourine et parle de la peur qui s'est, peu après l'attaque, emparée de toute la capitale de Tin-Hinan. «Nous craignons de subir l'atrocité de ces terroristes qui ont fait des régions du Sud le théâtre des enlèvements, des attentats et des actes criminels pour internationaliser leur combat», a-t-il lâché. Avant de parler de l'attaque d'In Amenas, Mohammed K. est, quant à lui, revenu sur l'enlèvement du wali d'Illizi et sur les deux attentats kamikazes perpétrés contre les institutions de la gendarmerie à Tamanrasset et à Ouargla.
Ce commerçant, originaire de Kabylie, estime que «la sécurité de la région a été hypothéquée par la crise malienne et par les groupes islamistes qui auraient toujours transité par le désert algérien pour acheminer des armes de guerre et se ravitailler en nourriture. On sait pertinemment que les forces de l'ANP déploient beaucoup de moyens pour les appréhender et les neutraliser. Malheureusement, avec l'incident d'In Amenas, on doit se rendre compte qu'il reste beaucoup à faire pour parler de la paix et la sécurité nationales». Un autre commerçant, rencontré au centre-ville, a, sur un ton virulent, évoqué «le problème de communication qui fait grandement défaut en Algérie. Le black-out observé par nos décideurs pendant la prise d'otages d'In Amenas a laissé libre cours aux spéculations des médias étrangers qui ne font que dramatiser les choses. Après l'attaque, c'était la grande psychose à Tamanrasset. La panique s'est emparée de tout le monde. Mais aucun officiel n'avait pris le soin de rassurer ces habitants qui étaient sur des charbons ardents jusqu'à la fin de l'assaut».
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