La mal-vie, la pauvreté, le sentiment d'exclusion, le manque de perspectives et les conflits ont poussé nombre de jeunes Algériens à affronter la mer, prenant des risques démesurés pour rejoindre l'Europe. Ce sont ces mêmes raisons qui ont poussé et qui poussent encore un nombre important de migrants subsahariens à quitter leur pays d'origine en s'aventurant dans le désert algérien. Ces migrants visent en premier lieu l'Europe, via l'Algérie. Cependant, dans la plupart des cas et faute de moyens, ils renoncent à continuer l'aventure. Ils tentent, tant bien que mal, de survivre et subvenir à leurs besoins par des petits métiers ou dans les chantiers algériens, où ils sont, en vérité, exploités. Telle est la réalité voire le message qu'ont voulu faire passer les membres du Comité international de Développement des Peuples (CISP) à Alger, soutenu par le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés et la Commission européenne, l'association pour l'aide psychologique, la recherche et la formation (SARP) et quelques journalistes de la presse écrite, lors d'un atelier de travail et d'un débat interactif qui a eu lieu au siège du (CISP) à Alger. Les représentants du CISP et de la SARP ont, à vrai dire, critiqué la manière dont la presse algérienne traite les sujets relatifs à l'immigration clandestine. Les intervenants ont expliqué que, généralement, la question des migrants subsahariens est toujours traitée dans son volet sécuritaire, faisant abstraction de son aspect humanitaire. Ils ont, de ce fait, regretté l'absence d'articles de presse sur, notamment, la vie des migrants subsahariens dans les camps des réfugiés ou à Tamanrasset ou même dans la Capitale. Ils regrettent, en outre, l'absence de portraits sur les migrants subsahariens. Ils ont également signalé que le phénomène des harraga bénéficie, contrairement au phénomène des migrants subsahariens, d'une très large couverture médiatique. Ce constat n'est pas une simple appréciation, mais il s'agit d'une critique fondée sur la base d'une sélection d'articles de quatre quotidiens à savoir, Le Quotidien d'Oran, Liberté, El Watan et El Moudjahid (des articles sélectionnés traitant du phénomène de la migration sur la période allant de la fin du mois d'avril à la fin du mois de novembre 2007). Pire, les intervenants ont, lors de ce débat, relevé que ces migrants sont associés à des délinquants ou des fauteurs de trouble. Les journalistes ont expliqué cet état de fait par le manque de travail d'investigation sur ce point, le seul moyen qui peut garantir une meilleure transparence sur le sujet. Ils ont expliqué, également, que cela est dû au manque d'initiatives et de reportages retraçant le quotidien et la situation des migrants. D'autres journalistes ont justifié ce traitement abondant du phénomène des harraga par le fait que le phénomène exprime bel et bien une contestation sociale et politique. Enfin, le plus étonnant pour les représentants du CISP et certains journalistes est le fait que les médias parlent uniquement de la charge financière que l'Etat algérien doit supporter, notamment les frais relatifs au refoulement des migrants aux frontières, sans se soucier de l'aspect humanitaire. Ils ont également relevé un point pertinent, celui relatif au choix du lexique qui, parfois, relève du racisme et de la xénophobie dans des articles de presse, notamment ceux évoquant le cas des migrants de l'Afrique, entre autres. En fait, le but recherché est de sensibiliser davantage la société civile pour éviter tout amalgame entre des migrants réfugiés, des migrants subsahariens et des groupes de migrants mafieux ou délinquants. En somme, ils réclament tout simplement du respect pour les migrants subsahariens. Ils ont rappelé que la convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU, le 18 décembre 1990, reconnaît aux migrants en situation irrégulière le droit à avoir leurs droits fondamentaux respectés. Elle souligne la liberté de circulation, le droit de rester en contact avec le pays d'origine et de maintenir un lien culturel avec ce pays.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M Aziza
Source : www.lequotidien-oran.com