Tamanrasset - Revue de Presse

Générale de la pièce arrêt Fixe : Le public séduit



« J?ai peur d?être libre », avoue tristement Abdelkader, reprenant à froid Messaoud, son geôlier devenu son ami au fil des années. Lui, était venu joyeusement lui annoncer sa libération. C?est qu?embastillé, Abdelkader n?avait rien à perdre. Un moment auparavant, il était plutôt confortablement installé dans ses certitudes. Comme lorsque Messaoud le supplia de cesser ses propos subversifs, de crainte d?être lui aussi mis en prison. « Mais tu es déjà en prison », lui avait-il narquoisement fait remarquer. Autre paradoxe : dans le second tableau de la pièce, les deux compères sont au dehors, l?un libre, et l?autre libéré de sa fonction, mais ils se retrouvent égarés dans un univers qui leur échappe et dont ils sont prisonniers. C?est ainsi que Arrêt fixe, dont la générale a été donnée à Tamanrasset, met en relief la question de l?enfermement carcéral et, par delà, celle de l?enfermement tout court. Il reste que le thème étant accouplé à l?histoire récente de l?Algérie, la pièce s?enferre dans les rets d?un théâtre constat, un théâtre discours qui fleurissait à l?époque de son écriture. Or, ce théâtre du verbe haut a la particularité d?inviter à applaudir le mot qui fait mouche plutôt que le jeu de l?acteur qui le prononce. Ce qui ne fait pas totalement l?affaire de Azzedine Abbar, le metteur en scène et de ses deux comédiens, Reda Takherist et Rachid Djerourou, qui eux sont d?une autre sensibilité artistique, celle d?un théâtre d?atmosphère, de l?intimisme, du non-dit, de l?ambiguïté et plutôt du questionnement que celui des évidences. Ils se sont efforcés d?imposer, non point une relecture du texte de M?hamed Benguettaf, mais une illustration qui laisse une bonne part au visuel. La multiplication des situations par Abbar a donné l?occasion aux comédiens de faire passer des moments de grande émotion et d?étaler leur talent, même si cela a relevé du corps à corps avec un texte trop daté et qui de ce fait aurait gagné à être décontextualisé, à perdre en localisme pour un bonus d?universalité. Néanmoins, le spectacle a fort bien passé la rampe avec les spectateurs Tamanrassetis. Ils l?ont bruyamment manifesté, eux dont le TNA a voulu, par cette manifestation, faire de la capitale du Hoggar, celle également de la culture arabe, le temps d?une générale et d?une seconde représentation donnée hier.
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