
Au centre-ville, des dizaines d'aliénés agressifs déambulent en toute quiétude, présentant un danger pour les passants.Chaque matin, des personnes déguenillées, les yeux cernés à cause des longues nuits blanches passées à la belle étoile, fatiguées par la marche et probablement la faim, débarquent au centre-ville de Souk Ahras pour envahir ses cafés et ses voies publiques. Si les SDF, présents en grand nombre, gardent leur calme et abritent leurs corps frêles dans les sous-sols des boulangeries et des bâtisses privées, les malades mentaux commencent tôt leurs interminables va-et-vient, s'attaquent aux commerces et font parfois preuve d'agressivité.Tout le monde à Souk Ahras connaît, parfois même par les noms, les abonnés de ces lieux publics, où les odeurs nauséabondes des cartons usés et des haillons s'invitent aux narines des passants. A la place de l'Indépendance, comme celle des Martyrs, leur nombre peut atteindre des dizaines. Un commerçant s'en est plaint à l'occasion d'une récente fête familiale, durant laquelle un malabar en tenue d'Adam a provoqué un mouvement de panique qui a failli dégénérer en accident.«Au moment où l'on devait accompagner la mariée en cortège, un aliéné mental est sorti dévêtu de la cave pour demander quelque obole et c'est la panique parmi les femmes qui couraient dans tous les sens perdant l'équilibre pour chuter du haut de l'immeuble», est-il rapporté. Un incident sans graves conséquences, certes, mais qui interpelle plus d'une partie responsable.Les victimes des coups portés de ces êtres vulnérables et sans prise en charge médicale ne sont pas à négliger, surtout quand des monstres humains s'en mêlent. Le tribunal de Souk Ahras vient de condamner un homme âgé de 59 ans à une peine de six ans de prison ferme pour acte contre nature, dont la victime est un malade mental.Les habitants de la cité Mezghiche se souviennent encore d'un SDF dévoré en 2010 par les rats au moment où il était dans les bras de Morphée. Il était à peine âgé de 27 ans. «J'étais témoin de cette découverte macabre à l'intérieur d'une masure qui était située non loin de ma maison et croyez-moi, je n'aurais jamais le courage de revivre ce moment», a indiqué un habitant de ladite cité. Entre chiffres soigneusement entretenus par des bureaucrates, gestionnaires de carrières professionnelles et misères vécues par une frange qui justifie dépenses et littérature, le fossé donne sur l'abîme.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abderrahmane Djafri
Source : www.elwatan.com