
Les habitants de Souk-Ahras gardent encore des souvenirs impérissables de ce long voile noir que l'on disait adopté suite à l'assassinat de Salah Bey. Cet habit «culte» a su résister, des siècles durant, à l'acculturation programmée de l'occupant, servi les commandos de l'ALN-FLN qui usaient souvent de ce voile discret pour se faufiler parmi les foules sans attirer l'attention des paras et leurs collaborateurs, fait la fierté des machos d'un autre temps? a disparu du paysage.L. Sabri, un ethnologue en fait son analyse : «Nous devons d'abord comprendre que l'habit est, en soi, une forme d'expression et un indice indissociable du comportement collectif et/ou individuel. Nous ne devons pas croire que le paraître, autrement dit, l'effet vestimentaire doit s'accrocher au passé au moment où tout évolue vers le meilleur comme vers le pire.Ceci dit, la disparition de la M'laya des villes de l'Est au profit du Hidjab -osons appeler les choses par leur nom ? a commencé dans les années 1970 avec l'arrivée massive des enseignants orientaux et l'émergence d'une nouvelle tendance idéologique, porteuse d'une nouvelle conception de la vie, donc, de l'habit aussi».Le même spécialiste n'y voit qu'un seul inconvénient : «Faute d'effort et d'innovation, comme c'est le cas sous d'autres cieux, le cachet algérien n'est plus perceptible dans nos rues tant pour les vêtements des hommes que pour ceux portés par les femmes(?) une Iranienne ou une Egyptienne ou encore une Libanaise sont reconnues à travers leur hidjab qui évolue au gré de la modernité et de la mode de chaque décennie, contrairement à l'Algérienne qui se perd en accoutrements», a-t-il expliqué. Chose est sûre, El M'laya, ses confectionneurs, ses vendeurs et ses couturiers ont totalement disparu du paysage local à Souk-Ahras. Le hic, lors des manifestations artisanales, cet habit séculaire qui colle immanquablement à la mémoire collective n'est jamais présent, contrairement aux modèles importés des pays voisins.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Djafri
Source : www.elwatan.com