Site - Le phare du cap Bougaroune, situé à 28 km à l'ouest de Collo, est sans doute, à l'image de l'étoile polaire qui guidait autrefois les caravaniers dans le désert, le premier signal lumineux annonçant la terre ferme aux navigateurs.
Bougaroune est également l'un des phares de la région Est du pays, le plus exotique et probablement le plus enclavé, dans les zones les plus reculées de la commune montagneuse de Cheraia.
Avant la pose toute récente, d'un tapis de bitume aussi confortable que du velours sur la route qui dévale en encorbellement le flanc de la montagne, se taillant ensuite des lacis audacieux sur une corniche extrêmement découpée, entre Cheraia et Bougaroune, le phare était d'accès extrêmement risqué et harassant, par voie terrestre. Longtemps, le ravitaillement des gardiens du phare était assuré par mer. Une embarcation accostait en contrebas de la construction et il fallait ensuite monter un escalier raide, long d'au moins 150 mètres, désormais inutilisé mais que l'on peut encore apercevoir, même s'il est partiellement enseveli sous les éboulements.
Aujourd'hui encore, lorsqu'on arrive par route, il faut laisser le véhicule sur la route qui surplombe le phare, pour ensuite emprunter, à pied, un long chemin rocailleux, comme tailladé à coups de hache tranchante, par le travail des ruissellements qui tombent en cascade vers la mer, quand les orages sévissent en amont.
Amar Ali-Larnane, responsable à l'Office national de signalisation maritime, à Skikda, explique que le chantier de construction du phare de Bougaroune a été entamé en 1869 pour s'achever en 1911, date d'entrée en fonction de la lanterne. Lorsque le visiteur arrive par la route dans la localité de Bougaroune, prise en sandwich dans l'encaissement montagneux entre deux sommets jumeaux, au détour d'un virage en épingle à cheveux, il croit d'abord se trouver en face du phare, car il y a là un édifice qui en a tous les aspects.
En fait, l'on apprendra qu'il s'agit d'une version du phare mis en service en 1907, avant la reconstruction de l'ouvrage à son emplacement actuel, à l'autre bout de la route qui se perd derrière, sur un flanc invisible de la montagne.
Le site de cet ancien phare abrite l'unique école de la localité, comme s'il ne voulait pas perdre, en fin de compte, cette vocation de générer de la lumière, la lumière du savoir. Combien, en effet, sont-ils ces travailleurs, hauts cadres, enseignants, médecins, officiers, djounoud, marins ou ouvriers dont l'apprentissage de la vie a débuté à l'école-phare de Bougaroune ' Toujours attachés à la montagne natale, aujourd'hui, ils maintiennent un lien vital avec leurs familles et leur terroir d'origine.
D'ailleurs, c'est à partir du mur de la même école, que se font toutes les communications téléphoniques avec l'extérieur. Et pour cause, dans cette partie de la commune de Cheraia, négligée par les opérateurs de la téléphonie mobile, c'est le seul endroit, dans un rayon de 7 à 10 km, où un téléphone cellulaire trouve suffisamment de champ, pour fonctionner.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : R L APS
Source : www.infosoir.com