
L'information est trop insolite pour ne pas être rapportée. Elle se passe à Aïn Kechra, une localité située entre Skikda et Collo, qui a connu un mouvement de foule qui, sans s'apparenter à une émeute, n'en a pas moins pris les allures en occupant la rue. Cette fois pourtant, il ne s'agit pas d'une quelconque revendication sociale de raccordement de gaz, d'alimentation en eau potable ou de routes impraticables. Encore moins la remise en question d'une liste de logements jugée inéquitable. Rien de tout cela. La population s'est regroupée pour exiger le maintien... du chef de daïra à son poste initial. Ce dernier, très apprécié des citoyens, venait d'être muté dans une autre région, tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Mais la population ne l'entendait pas de cette oreille et s'est rassemblée devant le siège de l'institution pour qu'on lui laisse «son» chef de daïra. Le fait est inédit dans un paysage politique où les responsables locaux sont presque tous mis sous haute suspicion, accusés de tous les maux et objets de récriminations de la part de citoyens souvent en butte à une administration fermée et avec laquelle n'existe aucun canal ni relais de communication. Ce n'est pas le cas à Aïn Kechra et il doit sûrement y avoir quelques lointaines bourgades et lieux-dits de cet immense pays où la population est en totale harmonie avec les responsables politiques. Nous n'en parlons jamais car faire l'éloge d'un commis de l'Etat serait très suspect aux yeux de nombreux lecteurs habitués à ne trouver que les conflits sempiternels entre la population et le maire, le chef de daïra et même le wali. Comme quoi il existe des cadres de la nation motivés par le seul devoir de servir la population : pour que celle-ci se «soulève» pour exiger le maintien de l'un d'eux, c'est qu'il a vraiment fait du bon travail. Et ils sont nombreux de tels responsables qui s'échinent dans l'anonymat et loin des feux de la rampe. C'est vrai que nous avons pris le pli de ne rapporter que ce qui ne va pas. En faisant l'impasse sur ce qui tourne bien. Enfin, de quoi je me mêle ' Khelli l'bir beghtah.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : R Khazini
Source : www.infosoir.com