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RAFFINAGE Les ambitions de Sonatrach



Sonatrach œuvre, selon son P-dg, à assurer sur le long terme la couverture des besoins nationaux, voire étrangers, en produits raffinés de qualité et conformes aux normes internationales. Pour autant, le recours à l'importation de carburants se poursuivra encore.
Chérif Bennaceur - Skikda (Le Soir) - «C'est une première en Algérie», dira le président-directeur général du groupe Sonatrach, hôte mercredi dernier de la zone industrielle de Skikda. Abdelhamid Zerguine qualifiait ainsi l'opération de déplacement d'un module préfabriqué au niveau de la raffinerie de Skikda, opérationnelle depuis 1980, d'une capacité annuelle de traitement de 15,277 millions de tonnes de pétrole brut et spécialisée dans la production d'aromatiques, bitumes et carburants. Construit en collaboration avec la société sud-coréenne Samsung Engineering Co, ce module qui pèse 1 614 tonnes, est large d'au moins 8,5 m et est haut de 34 m, soit l'équivalent d'un immeuble de 12 étages. Transporté sur roues pendant une heure et sur une distance de 30 m, ce module avait été déplacé de son lieu de montage vers l'unité Topping 10 (distillation atmosphérique), de 7,5 millions de tonnes en cours de rénovation. Objectif de cette opération d'ancrage singulière et qui sera suivie par des tests, contribuer à réduire le temps d'immobilisation de cette unité dont la rénovation a été lancée le 20 juin dernier pour une durée de trois mois. En attendant de lancer la rénovation d'une autre unité Topping à la fin du troisième trimestre 2012, poursuivre la rénovation d'autres unités et installer six autres modules préfabriqués de dimensions relativement similaires.
Rénover pour booster le raffinage
Ce qui s'inscrit dans le cadre du programme de réhabilitation et d'adaptation des installations de la raffinerie de Skikda, lancé pour un coût de 2 milliards de dollars et basé sur la mise à l'arrêt partielle et temporaire de certaines unités. Certes, les capacités de traitement de pétrole brut de la raffinerie sont réduites de 15 millions de tonnes à 7,5 millions de tonnes en raison de ces arrêts temporaires, néanmoins, la raffinerie continue de travailler et le programme de réhabilitation semble en bonne voie d'achèvement, à 87%. A ce propos, Abdelhamid Zerguine s'est montré pleinement confiant. Et cela dans la mesure où l'on vise à augmenter de 10% la capacité de traitement de la raffinerie, en la portant à 16,5 millions de tonnes. Mais aussi à sécuriser les installations et permettre à ce qu'«elles continuent de servir encore, durant les trente prochaines années au moins», dira le P-dg de Sonatrach, appuyé dans ses propos par la directrice de la division raffinage du groupe, Mme Zoubida Benmouffok.
Bien couvrir les besoins du marché
Comme cette opération de «rajeunissement» vise à assurer la fourniture de dérivés pétroliers de qualité et conformes aux normes européennes et à satisfaire la demande nationale croissante de manière «vertigineuse» pour les carburants automobiles (diesel et essences notamment sans plomb). L'occasion pour Abdelhamid Zerguine d'affirmer que Sonatrach œuvre à assurer, sur le long terme, la couverture des besoins nationaux en produits raffinés. Mais aussi à valoriser les produits «blancs», répondant aux exigences nationales et conformes aux normes internationales, voire de développer leur ex-portabilité. En sens, le groupe pétrolier prévoit de consolider la capacité annuelle nationale de raffinage, actuellement de 22 millions de tonnes de pétrole brut, à 42 millions de tonnes dès les cinq prochaines années, tous produits. Et cela grâce à la réhabilitation de l'ensemble des raffineries du pays spécialisées dans la production de carburants, d'aromatiques, lubrifiants et bitumes, celle d'Arzew étant achevée.
Augmenter les capacités de traitement
Ce qui permettra, selon les explications de Mme Benmouffok, de porter la capacité de traitement de Sonatrach à 25 millions de tonnes de pétrole brut et 5 millions de tonnes de condensat, soit globalement près de 30 millions de tonnes/an. Comme la production de gasoil sera assurée avec une quantité supplémentaire de plus de 3 millions de tonnes/an, permettant de rehausser la production globale du groupe à 10 millions de tonnes. Pour les essences, la production passera à plus de 4 millions de tonnes et l'essence sans plomb sera produite à partir des trois raffineries. Mais aussi par l'investissement dans la réalisation d'autres infrastructures d'une capacité prévisionnelle de 20 millions de tonnes équivalent pétrole. «Nous projetons la réalisation de 3 ou 4 autres raffineries », dira le patron de Sonatrach. Voire porter cette capacité de traitement à 52 millions de tonnes dans un avenir assez lointain. Et dans le contexte où le développement de la pétrochimie qui est projeté nécessite de développer une chaîne de production des aromatiques.
2,5 millions de tonnes de carburants importés en 2012
Pour autant, le recours à l'importation de carburants, un appoint aux disponibilités actuelles, se poursuivra. C'est ce que le P-dg de Sonatrach a confirmé, mercredi, en indiquant que sa compagnie prévoit d'importer 2 millions de tonnes de gasoil et 500 000 tonnes d'essence en 2012 pour répondre à l'importante demande nationale. Notons que les importations de carburants sont passées de 1,3 million de tonnes en 2010 à 2,3 millions de tonnes en 2011, soit une hausse de 77%. Certes, les importations de diesel ont augmenté en volume, augmentant de 700 000 tonnes entre 2011 et 2012. Néanmoins, leur valeur n'est pas très importante, dans la mesure où l'importation d'une tonne de gasoil est compensée par l'exportation de 3 tonnes de brut et que la différence que paye Sonatrach est minime. Notons que les importations de carburants en 2011 ont représenté une valeur de 2 milliards de dollars.
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