De l’eau potable pour... l’arrosage d’une route en cours de réalisation
Des prélèvements de 30.000 à 50.000 litres d’eau potable auraient été effectués directement sur le réseau AEP du village de Sidi Ali Boussedi, à l’ouest de Sidi Bel-Abbès, pour assurer, semble-t-il, l’arrosage d’un tronçon routier en cours de réalisation sur le tracé de l’autoroute Est-Ouest.
Le fait a été rapporté par un groupe d’habitants de la localité touchée qui n’ont pas manqué, «par esprit de civisme» diront-ils, d’élever les plus vives protestations contre cette nouvelle forme de gaspillage de la précieuse ressource qui risque de pénaliser fortement la population locale en la privant d’une partie de sa dotation limitée à une fréquence d’une journée sur trois par l’organisme public de distribution. Quand bien même conscients de l’importance du projet d’autoroute et de ses retombées socio-économiques positives sur cette zone enclavée, les citoyens ne se désolent pas moins du fait que les responsables locaux auraient pu tout au moins orienter l’entreprise de réalisation vers les nombreux puits existants aux alentours du village pour puiser l’eau nécessaire, celle-ci de qualité saumâtre, et faire ainsi l’économie de la quantité prélevée directement sur le réseau AEP à une rotation quotidienne de 5 citernes de 10.000 litres chacune. «Cette solution de facilité a fini, fait-on observer, par exaspérer la population locale qui éprouvait déjà toutes les peines du monde à s’adapter aux mesures restrictives et aux plages horaires qui leur sont imposées en matière de distribution». Contacté par téléphone, le président de l’APC de Sidi Ali Boussedi a confirmé l’information selon laquelle «des ouvriers du groupement chinois CITIC-CRCC, chargé de la réalisation du lot Ouest de l’autoroute sur une longueur de 359 kilomètres, auraient puisé dans ledit réseau une certaine quantité d’eau potable pour arroser un tronçon en chantier». Il précisera toutefois que «les intéressés disposaient pour ce faire d’une autorisation provisoire délivrée par les services techniques compétents en attendant la mise en exploitation des points d’eau réservés spécialement à un tel usage». Même s’il n’a pas pris des proportions inquiétantes, force est de reconnaître que cet énième conflit d’usage de l’eau relance le débat sur le rôle de la police des eaux et des organes d’arbitrage pour assurer «la protection quantitative et qualitative des ressources». En d’autres circonstances, l’un des principaux responsables de l’Agence de bassin hydrographique n’a pas manqué de souligner, à juste titre, que «l’eau est l’affaire de tous et il faut apprendre à développer la concertation, pour que les décisions prises ne soient plus le fait d’un décideur autoritaire et unique, mais plutôt celui d’un consensus autour d’objectifs discutés puis arrêtés d’un commun accord».
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com