Sidi-Belabbes - Revue de Presse

L’analyse du jeudi



La fin d’un «émir» L’événement sécuritaire régional de cette semaine a été, incontestablement, l’information rappor-tée par la presse nationale, faisant état de la reddition à Oran d’un ancien «émir» du GIA qui a, entre temps, rallié le GSPC: Bahri Djillali. Son surnom Dib El-Ji’âne (loup affamé), sans que l’on sache s’il lui a été attribué par ses pairs ou par la vox populi, a défrayé la chronique à la fin des années 1990 et était synonyme d’effroi dans certaines régions du nord de la wilaya de Sidi Bel-Abbès. Notamment à partir de la fin septembre 1997, à la suite de l’assassinat totalement gratuit et d’une monstruosité inimaginable de douze enseignants (11 femmes et un homme) et qui est resté dans toute l’histoire du terrorisme du plus grand massacre collectif de jeunes éducateurs. A cette époque où ce sinistre nom a soudainement surgi, le GIA traversait sa période la plus houleuse, tant sur le plan national que régional, secoué par une vague interne de dissidences provoquée, entre autres, par une systématisation de massacres collectifs au sein des populations les plus fragiles. Au moment où ce massacre a eu lieu dans un faux barrage sur la route entre les communes de Aïn Aden et Sfisef par un temps glacial, l’»émir de l’Ouest» du GIA, Mustapha Akkal alias Omar Abou Gharib, venait d’être abattu par les forces de sécurité avec trois autres terroristes depuis à peine un mois. Il avait lui-même décroché ce «grade» après avoir tué son prédécesseur, Kada Larbi Benchiha alias Abderrahim Bekhaled, avec une trentaine de ses fidèles, une année auparavant dans un accrochage qui avait duré une quinzaine d’heures. Benchiha était alors en dissidence avec le GIA et était déjà à la tête d’une organisation qui se fera connaître sous le nom de Jama’ât Houmate ed-Da’âwa es-Salafia. Akkal tombé, l’»émirat» de la «zone IV», selon l’organigramme du GIA, est passé sous le «commandement» de Mohamed Guettaf alias Abou Ismaïl Ibrahim, qui, jusque-là, était l’»émir» de la katibat Es-Sunna de Sidi Bel-Abbès et qui s’est révélé aussi sanguinaire que le premier. Les sévices contre les populations désarmées et démunies allait encore se poursuivre avec un nom qui revient régulièrement dans les chuchotements des petites gens de la contrée qui s’étend du nord-est de Sidi Bel-Abbès au sud-ouest de Mascara et vers le nord-ouest de Saïda: Dib El-Ji’âne. Au même moment, le vent des scissions multiples qui laminaient les rangs du GIA a fini par gagner la «zone IV» dont une coalition de katibate va se liguer contre Mohamed Guettaf pour le destituer au profit d’un autre «émir» qui, tout en restant au sein du GIA, serait en mesure de rompre la ligne infernale des atrocités ordonnées par l’»émirat national». L’»émir zonal» est finalement évincé à la fin de l’été 1999 et se retire avec une poignée de fidèles de la katibat El-khadra vers la wilaya d’El-Bayadh (sud-ouest) pour certains ou, pour d’autres, vers Tiaret (nord-est). La «zone IV» passe alors entre les mains de Bouziane Ouahadj alias Idriss Abou Soumia. Dès son accession, la rupture avec le GIA est consommée avec la création d’une nouvelle organisation qui se donne le nom de Groupe salafiste combattant (GSC) qui signe un document, la veille du référendum sur la «Concorde civile» (septembre 1999), fustigeant les pratiques du GIA dont les membres seront qualifiés de «Chiens de l’enfer» et appelant à la poursuite du «djihad». Selon les bruits qui avaient circulé à l’époque, Bahri Djillali aurait activement participé à la création de cette organisation. Mais, en même temps, il se fera totalement oublié. Certains ont même avancé qu’il s’était retiré au Maroc jusqu’à ce que son nom revienne de nouveau au devant de la scène sécuritaire dans le sud de la wilaya de Sidi Bel-Abbès, en mars 2002, après avoir été donné pour mort, abattu à Tifrit (Saïda), le 16 mars 2000. A ce moment, le GSC est en pourparlers avec le GSPC dans le but de le rallier pour devenir son relais à l’Ouest. Des questions restées floues n’ont pas aidé les discussions avec Hassan Hattab. Et ce ne sera que vers la fin de l’année 2003 que la fusion entre les deux organisations s’opèrera. Au-delà des raisons qui ont empêché Bahri Djillali de se rendre dans les délais fixés par la «Charte pour la paix et la réconciliation nationale», sa reddition reste quand même un coup douloureux pour le GSPC à l’Ouest où il n’arrive pas à s’incruster. Mais, il se dit que, vu son passé difficilement pardonnable, ce chef terroriste est passé par des «contacts» qui ont intercédé en sa faveur pour une éventuelle «clémence» des autorités. Ce qui est certain, c’est qu’il détient forcément tout un pan de l’histoire du terrorisme à l’Ouest du pays et pourrait être une mine d’or sur ce plan. Il pourra certainement révéler ce qu’est devenue toute une partie de la Katibat Es-Sunna de Sidi Bel-Abbès qui, ayant rallié le GSC, a refusé de le suivre lors de son ralliement au GSPC.
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