«El Achik majhoul» du théâtre de Tizi-ouzou ovationné
Le spectacle donné, vendredi dernier en soirée à la cinémathèque de Sidi Bel-Abbès par la troupe du théâtre régional de Tizi Ouzou aura été agréable à suivre devant un public peu nombreux comme le veut la tradition.
Mais au fil de l’interprétation et du déroulement de l’histoire légendaire du «Achik» luttant pour libérer sa bien-aimée «Aouicha» des mains du terrible «Harraz», toujours avec cette couleur très «nouba» de Fouzia Aït El Hadj, le public aura beaucoup plus senti que l’intention était de chercher à réunir plusieurs langages. Sur scène, les comédiens allaient du chant à la déclamation des poèmes, de sorte que les spectateurs soient conviés à suivre une opérette avec ses multiples costumes d’époque. On a reconnu que le metteur en scène se basait sur l’expérimentation d’une forme se voulant à la fois conventionnelle et plus proche du peuple. Pari difficile. Reconnaissons tout de même que ce genre -pas très évident chez nous- a du mal à s’implanter du fait que notre cher public, nous l’avons habitué surtout à «rire», à laisser le burlesque ou le loufoque s’exprimer en lui face à une réalité abracadabrante d’autant que des personnages, à l’exemple de El-Hadj Lakhdar plane au dessus d’autres lyriques, poétiques, s’acheminant vers la quête du vertical. On l’aura compris, nos comédiens, notamment ceux qu’on a suivis en cette nuit ramadhanesque, ont semblé s’efforcer d’être à la mesure de cette qacida du poète marocain Cheïkh El Mekki El-Korichi, mis en scène par Fouzia El-Hadj, dans une composition musicale de Mohamed Boulifa qui a certainement été pour beaucoup dans ce laborieux travail. Il faut rappeler que l’adaptation, on la doit à Omar Fatmouche qui a eu du mal sur le plan de la langue, pour faire passer le poème vers la «théâtralité» et répondre aux normes des trois unités. Pour la tentative, c’est réussi et les comédiens sont vraiment à féliciter pour cet exercice de style, surtout quand on sait que la plupart viennent d’un monde amateur. Quoiqu’on dise
-l’expérience de Hamid Gouri aidant-, la bonne performance était au rendez-vous, sauf que nous en sommes qu’aux rudiments des normes professionnelles. Selon des échos de praticiens, il a manqué ce presque rien de dose dans l’élaboration de cette dramatique et assez énergique et avec plus de précision dans l’évolution de l’intensité pour obtenir ce coup «d’émotion» puisqu’il s’agit de traduire des sentiments amoureux et casser cette «manie» du sketch qui réduit l’élan tragique. Cela étant, le spectacle se laisse voir et montre s’il en est que d’ores et déjà il faut être à la mesure du budget conséquent qu’on met depuis ces temps derniers dans les dernières productions. A méditer. La cinémathèque de Sidi Bel-Abbès, en attendant son nouveau directeur, a bien ruminé le fabuleux récit de «Aouicha et le Harraz». Tout en ayant eu une pensée pour le sublime Maître Hachemi Guerrouabi, à qui il faut rendre un vibrant hommage, lui qui a rendu célèbre cette qacida au même titre que nos autres maîtres, en l’occurrence Abdelkrim Dali.
Ahmed Mehaoudi
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com