Parmi les multiples attentes sociales dont
la prise en charge ne peut être différée pour le long terme, car cela attente
au coeur et à l'esprit même des Belabbésiens et autres personnes concernées,
figure la réhabilitation des deux cimetières musulmans de la ville. C'est ce
que vient-on d'apprendre au siège de l'APC. Car, depuis des décennies, la
grande majorité des gestionnaires d'un mandat électoral, élus ou «désignés»,
ont régulièrement tenté de s'en occuper. Surtout cette année les heureuses
conditions climatiques ont généré la poussée «d'herbes annuelles» au point où
ces dernières ont dépassé un mètre trente centimètres et plus par endroits,
occultant les tombes de ceux qui ne se sont plus de ce monde et dont
l'attention ne concerne pas uniquement leurs proches. Ce qui est opportun,
c'est l'élimination imminente, en cette période de l'année, de toutes ces
herbes sauvages rendant hideux les lieux qui logiquement doivent être
sacralisés... par les pouvoirs publics en première instance.
Sidi Bel-Abbès et Sidi Abdelkader, c'est de
ces deux cimetières qu'il s'agit, n'ont nullement besoin de gros moyens, ni
d'énoncé de fiches techniques et espérances lointaines, même si ces deux
espaces le méritent amplement. «Ils n'ont pour l'heure besoin que d'un
minimum», nous dit un groupe de citoyens rencontrés tout dernièrement lors d'un
enterrement au cimetière de Sidi Bel-Abbès qui est situé au nord-ouest de la
rivière de la Mekerra, presque symétriquement à celui de Sidi Abdelkader, situé
lui au sud-est sur un monticule et traversé par une route depuis son extension
forcée dans les années 80 quand les feus Ouhibi A. et Djellouli Abdelkader
étaient aux commandes de l'APC.
En ces lieux sus-cités, le commun des visiteurs
souhaite vivement que l'on plante des arbres tels le melia, ou des cyprès, ou
le frêne pour garantir d'abord l'ombrage nécessaire pour les sites tout en
évitant, indique un connaisseur, les types d'arbres aux racines dites
«traçantes» qui après des années endommageraient les tombes. Ce qu'il faut,
indique-t-on, ce sont des arbres à racines pivotantes pour réhabiliter les
lieux où ceux qui ont regagné l'au-delà, le Dieu Eternel, méritent bien des
égards de ceux investis d'une mission déterminée où ils ne pourront pas se
voiler la face pour constater de visu ce qui est advenu en ces espaces
respectueux où «la civilisation ne doit pas prendre le deuil». Et là, deux
petites et brèves citations sont convoquées en ces lignes pour rappeler que
par-dessus l'islam, cette religion qui nous unit, la communauté musulmane a
bien droit à ce qu'on s'occupe sérieusement de ses cimetières.
Pour ce qui est de la première citation,
l'on dira «je ne sais de plus noble mission que celle d'aider la nature à
rétablir l'ordre qu'elle avait si bien choisi et que seule l'imprévoyance de
l'homme qui l'a changé en véritable chaos». Quant à la deuxième, elle dit «ce
n'est pas le climat, c'est le sol qui fait les destinées des empires, mais la
nature dépend de la sagesse ou de l'incurie des hommes». Sidi Bel-Abbès et Sidi
Abdelkader ont survécu, témoins de plusieurs siècles d'existence, en formant un
monolithe national... martyrs, disparus, accidentés, emportés par la maladie,
de tous ceux rappelés par Dieu qui n'ont pas besoin de renoncement des vivants
que nous sommes, où plusieurs générations post-indépendance ignorent
l'emplacement de plusieurs mausolées et cimetières d'antan. N'en parlons pas de
ces multiples oratoires tels celui de Sidi Boudjemaa El Salah, Sidi Ali, aujourd'hui
détruit, dans l'actuel Haï Badr, au sud de la ville, Sidi Bensekrane, dans un
site communal, Sidi El Mokhtar à Haï Sakia El Hamra (ex-Faubourg Thiers), Sidi
Bouazza, près de la Bremer, Sidi Mohamed dans le coeur de la Graba, peut-être
Sidi Amar, qui fut d'ailleurs longtemps évoqué par feu Dziri Kadri, ou Sidi
Yacine, lui aussi pérennisé par plusieurs artistes locaux. C'est dire à travers
cela l'osmose qui existe entre l'artiste et sa ville ou sa cité.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : M Kadiri
Source : www.lequotidien-oran.com