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Fouara Show



Fouara Show
Clôture hier de la 4e édition de Fouara Show à Sétif. La seule manifestation algérienne destinée au one man show et au stand up.Depuis quatre ans, cet événement théâtral se déroule à Sétif, la ville qui abrite 400 000 habitants et qui veut croire à la possibilité de relancer la culture et le tourisme. Deux secteurs créateurs d'emploi et de richesse. En 2012, l'APC de Sétif, l'une des plus grandes d'Algérie, a créé l'Office de la culture et du tourisme, doté d'un statut d'EPIC (Etablissement public à caractère industriel et commercial). «La création d'EPIC répond à un souci de participer à la gestion d'une grande ville. Nous avons commencé par la culture, le sport et les espaces verts. C'est une autre manière de voir la gouvernance au niveau local», précise Nasreddine El Ouahrani, président de l'APC de Sétif, médecin de formation.L'Office de la culture et du tourisme est chargé de la gestion de l'ensemble des infrastructures culturelles et de loisir de Sétif. «L'office peut grâce à cette gestion avoir des ressources financières. L'APC a signé avec le responsable de cet établissement un contrat-programme. Le service public sera assuré. Pour l'organisation du Fouara Show, l'office a reçu une enveloppe financière. Nous souhaitons que le Fouara Show gagne en ampleur pour devenir un grand événement culturel.C'est notre rêve. Chaque travail commence par des petits pas. C'est également un défi», ajouta Nasreddine El Ouahrani, précisant que tous les élus sont d'accord avec cette vision. Selon lui, le Fouara Show comme d'autres activités culturelles ont besoin d'argent. «Je n'ai pas peur d'un chômeur qui s'intéresse à la culture et au sport. Je sais qu'il ne prendra pas le mauvais chemin. Un chômeur qui ne fait rien est vulnérable», soutient-il. Selon lui, l'organisation des 4es Fouara Show n'a pas été facile en raison du manque de sponsors.Partenariat public-privéKarim Abid, ancien comédien du théâtre, propriétaire du nouvel hôtel Azdif, a décidé de soutenir les Fouara Show. Un acte presque inédit en Algérie où les hommes d'affaires ont largement montré qu'ils n'étaient pas prêts à dépenser un peu d'argent pour les activités artistiques préférant à chaque fois le football. «Il est rare de rencontrer des hommes d'affaires qui regardent avec l''il d'un artiste.Je suis prêt à accorder des réductions de 50% pour les artistes qui viennent séjourner dans mon établissement», déclare Karim Abid. «C'est à nous d'expliquer qu'il existe un retour bénéfique pour tout le monde dans le sponsoring de la culture. La réflexion économique doit prendre sa place dans l'organisation d'événements culturels.Je suis favorable à un partenariat public-privé pour la relance de la culture à condition d'élaborer une plate-forme et un cahier des charges. Peut-être qu'il faut rompre avec la tradition des spectacles gratuits. Les APC doivent avoir des rentrées d'argent pour assurer un bon fonctionnement. Il est important de se préparer dès maintenant, car la situation deviendra de plus en plus difficile», prévient le président d'APC.Il a plaidé pour une véritable industrie culturelle, surtout que Sétif connaît l'émergence de nouvelles infrastructures, comme le centre commercial Park Mall et les hôtels (surtout autour de Aïn El Fouara). «Même l'université de Sétif aspire à devenir un pôle de réputation internationale», a relevé un cadre. «Nous devons sortir de la tradition ancrée du soutien de l'Etat et de la gestion classique des infrastructures culturelles. Il faut du temps pour abandonner certains réflexes. Les opérateurs privés, autant que les gestionnaires du secteur public, doivent changer leur mentalité.On paye pour un spectacle de football. On doit également payer pour un spectacle artistique. Il faut s'habituer aux spectacles payants», a souligné Khaled Mehnaoui, directeur de l'Office de la culture et du tourisme de Sétif. Une réflexion est engagée à Sétif pour étudier l'introduction graduelle de la billetterie pour le paiement de tous les spectacles, le but étant de rentabiliser les espaces culturels. L'APC projette d'utiliser les écoles primaires comme des lieux d'activités artistiques après la fin des cours.Bonne formulePour Toufik Mezâache, directeur artistique des Fouara Show, le soutien de la collectivité locale apportée à une manifestation culturelle est une bonne formule. «Cela évite l'aide d'un théâtre régional ou du ministère de la Culture qui ne peut venir qu'après une longue attente et des procédures», relève-t-il. Le comédien Abdelmalek Boussahel a, pour sa part, évoqué l'oubli des wilayas de l'intérieur en matière de soutien aux activités culturelles. «Envoyez autant de fois que vous voulez de dossiers aux autorités centrales, aucune réponse.Aussi, faut-il laisser les collectivités locales organiser leurs activités artistiques et soutenir les projets culturels», conseille-t-il. Les animateurs de Fouara Show ne veulent pas que la manifestation devienne le Festival national du one man show. «Il faut laisser le projet se développer, partir sur de bonnes bases, pour passer à une autre phase.Cette tradition du soutien de l'APC doit être maintenue. Nous devons nous débrouiller pour trouver des sponsors, garder cet esprit de spontanéité», plaide Toufik Mezaâche. Abdelmalek Boussahel a rappelé que Sétif organise à longueur d'année plusieurs activités culturelles comme «la semaine des générales» des coopératives de théâtre, les journées de la comédie, le festival du court métrage, le festival international des arts plastiques...Le Fouara Show est accompagné d'un programme de formation dirigé par le comédien Laâmri Kaouane. «Nous sommes déjà au troisième degré. Nous allons continuer avec les mêmes stagiaires et les mêmes formateurs. L'idée est de former ces jeunes jusqu'à ce qu'ils soient capables de monter des spectacles sur scène», affirme-t-il.
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