Setif - A la une

Des petits films qui séduisent le grand public



Rappelons qu'à cet effet, un jury a été constitué de Tahar Boukella, président, ainsi que de Yasmine Chouikh et Rania Serouti, respectivement membres qui ont entamé, tout comme le public, le visionnage de cinq courts métrages.La seconde tranche sera, elle, projetée dans l'après-midi du mercredi (soit hier, Ndlr).
La 4e édition du Festival culturel national de la littérature et du cinéma féminin poursuit donc le décompte de son programme, bien que certains invités ne soient pas venus comme l'ecrivaine Hadjer Kouidri qui semble rester aux abonnés absents n'ayant pas donné signe de vie, bien qu'elle ait donné son accord de principe pour venir au festival, d'après les organisateurs. À la salle de cinéma Dounyazad qui fait face à la radio locale où les invités se succèdent, règne une ambiance bon enfant. L'assistance très attentive à chaque projection de films participe au débat en faisant part de ses questionnements toujours avec autant de sincérité que de curiosité. Aussi, le court métrage étant un genre bien apprécié en général, ce dernier n'a pas été en reste puisque les équipes de certains films étant présents ont eu droit à leur critique en bonne et due forme parmi le public.
Des films et des regards
Si le festival est consacré à l'oeuvre artistique au féminin, le court métrage lui est beaucoup plus ouvert et large. Comme en témoigne le film «Je raconterai tout à Dieu» de Mohamed Benabdallah qui place son décor dans un pays arabe lambda puisqu'à aucun moment nous n'arrivons à déterminer l'espace ou le lieu du conflit. Il n'est pas question de femme ici.
Des plans et de la sensibilité à fleur de peau
L'histoire est celle de deux personnages qui s'affrontent. Un présupposé djihadiste et un soldat qui s'entretuent tout en essayant d'échapper l'un à l'autre. Tous deux partagent pourtant, le même attachement à Dieu, font la prière et répètent souvent la chahada. Un film qui a été primé au festival du court métrage de Madagascar. Un film court dont le thème demeure très intéressant, voire intelligent, mais on se lasse vite tant le propos finit par tourner vite en boucle et les séquences s'enchainent presque en se ressemblant. Il y a comme une faille au niveau du scénario, mais la vacuité du temps suspendu entre la vie et la mort pour atteindre l'au-delà semble être le sujet fondamental sur lequel se repose le film, qui malgré tout sauve le film en quelque sorte. À noter que les films en compétition proviennent des différentes villes du pays dont Sidi Bel Abbès d'où est originaire ce dernier. Le second film projeté s'appelle «Il reviendra».
Son réalisateur, Youcef Mehsas, est originaire de Sétif. Ce dernier plante son décor dans un salon de coiffure pour homme. Tout porte à croire que nous sommes dans les années 1990 après la déflagration d'une bombe dont le son provient de loin. Un enfant dont le père est porté disparu est accueilli par un couple qui attend depuis huit ans d'avoir un enfant! Ce petit semble ainsi comme un ange lâché du ciel. Une bénédiction.
La mise en scène du film est déclinée comme un conte de noël. L'image surannée qui rehausse la qualité du film, porté au firmament par les deux comédiens, Souha Oulha et Slimane Benouari, impute à ce film un côté dramatique saupoudré d'un trait poétique fort atemporel des plus séduisants. Le merveilleux et le beau se dévoilent dans chaque plan. En effet, l'enfant, ce cadeau du ciel, est un pur ravissement pour ce couple. Youcef Mehsas signe une image bien léchée dans un décor d'intérieur des plus impeccables rendu par des plans des plus soignés.
Le petit garçon est juste exceptionnel dans son jeu. Le film qui a reçu de nombreux prix dans le monde est un véritable bijou cinématographique. Un film qui illustre bien l'idée qu'on se fait de l'espoir quand on veut y croire. Comme il est aussi suggéré à la fin du récit... Il est fort à parier que la comédienne Souha Oulha qui parvient à nous décrocher, d'ailleurs des larmes, recevra le Prix de la meilleure interprétation féminine! Un autre film, intrigant, cette fois, sa charge éminemment symbolique et philosophique est «Open» de Houssem Eddine Abassi. Réalisé de façon minimaliste, le film met en scène un jeune homme enfermé dans sa chambre. Nous le voyons tantôt peindre un tableau, tantôt éplucher une clé en bois.
À l'extérieur, face à la porte qui semble sortir de nulle part, des femmes, la même incarnant plusieurs personnalités, frappe inlassablement à la porte de cette chambre suppliant l'autre de la lui ouvrir. L'issue du film est surprenante car l'homme finit par ouvrir sa porte en toute simplicité.
Le film donne ainsi une idée sur la volonté de se donner une chance à soi-même, non pas en attendant que l'autre daigne nous ouvrir les portes, mais en agissant soi-même, car celles-ci peuvent être ouvertes, si tenté qu'on essaye de les ouvrir au lieu d'attendre que l'autre daigne l'ouvrir à notre place..
À noter que ce film a été réalisé dans le cadre d'un projet de fin d'études. «Nafaât» de Mustapha Guerandi, de Saîda, a été réalisé essentiellement pour le festival de la littérature et du cinéma de cette ville. Un film dans lequel jouent des comédiens amateurs dont certains font partie du staff du festival.
Se donner la chance par soi-même
Un film fort original qui traite de l'importance du rôle de la femme dans la société algérienne quand certaines familles et particulièrement futurs maris veulent encore la cantonner à la maison. Avec peu de moyens et un scénario bien ficelé, le jeune Mustapha a réussi à séduire l'assistance grâce à l'histoire de cette jeune fille en médecine qui finira par sauver un jour, l'enfant de celui qui, quelques années auparavant, voulait qu'elle reste à la maison. Un thème qui rappelle le dernier film projeté de cette journée, à savoir «Dream». Là encore, il s'agira d'un conflit entre une jeune fille et ses parents qui veulent d'un côté qu'elle devienne une bonne mère de famille et de l'autre, médecin. Or, son rêve est d'être une danseuse de ballet... mais certaines circonstances inattendues vont venir chambouler son plan....Un film qui, hélas, n'ira pas au bout de ses promesses, pas assez audacieux, y compris au niveau de l'écriture scénaristique qui manque de profondeur pour qu'on puisse réellement s'attacher à son personnage principal. Un film qui avait pourtant bien commencé. Et c'est fort dommage.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)