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Silence... on nomme et on dégomme



Silence... on nomme et on dégomme
Souvent, la pensée unique ambiante veut que l'on avantage les critères de clientélisme dans la nominationdes managers. Une habitude qui entre dans les m?urs.Le président de l'Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPT), M'hamed Toufik Bessaï serait démis de ses fonctions, selon certaines informations. Bien avant lui, Azouaou Mahmel, PDG d'Algérie Télécom, a été remercié, remplacé par un intérimaire pour une période jusqu'ici indéterminée. C'est le huitième manager consommé par le groupe Algérie Télécom depuis 2003, date de son entrée en activité. Pour le cas de l'ARPT, un intérimaire serait également installé pour, éventuellement, un délai indéterminé.Ainsi, les deux entreprises, activant dans un secteur pour le moins ultrasensible, valsent au rythme des limogeages depuis plusieurs années. Algérie Poste a connu également une valse de directeurs au cours de ces dernières années. Le risque est gros que ce secteur, dont l'instabilité s'apparente désormais à une maladie chronique, s'engouffre dans la plus grande fragilité face aux fléaux de la Toile, dont la cybercriminalité, les cyberattaques, cyberterrorisme, etc.La crainte de beaucoup de spécialistes est que la valse des responsables n'affaiblisse davantage le pays, à l'heure où la maîtrise technologique n'est qu'un creux discours. En témoigne l'attitude du gouvernement face à la fuite massive des sujets du baccalauréat. Plus globalement, il y a comme un effet tache d'huile qui a touché plusieurs autres entreprises.La démission et/ou le départ d'autres managers publics ne manquent pas d'alimenter les débats sur les critères de leur sélection et, tout naturellement, sur les raisons de leur départ. Le directeur général de l'Algérienne des eaux (ADE), actionnaire à 70% dans la Société des eaux et de l'assainissement d'Alger (Seaal), a lui aussi démissionné de son poste pour des raisons jusqu'ici inconnues, avons-nous appris hier. Tout récemment aussi, l'autre entreprise publique actionnaire dans la Seaal, l'ONA en l'occurrence (30%), a vu son directeur général partir sans que le ministère de tutelle daigne justifier le changement.L'incertitude multiforme qui en résulte pénalise l'économie, la qualité des services, la productivité et les rapports avec les entreprises partenaires. Par ailleurs, la main leste a sévi encore une fois à Saidal. Le PDG du groupe, Hamouche Mohamed, à peine installé, remplaçant depuis novembre 2015 M. Derkaoui, a été démis de ses fonctions à l'issue d'une réunion du conseil d'administration, tenue mardi au siège du ministère de l'Industrie et des Mines. Un intérimaire a été chargé de «liquider les affaires courantes» jusqu'à nouvel ordre. Déplorable est la manière avec laquelle sont gérées les entreprises et les institutions publiques.Ces tendances cycliques pour les limogeages et les nominations, tantôt politiques tantôt hasardeuses, sans que les critères de compétence, les impératifs de bonne gestion et l'obligation de résultats ne soient pris en compte, témoignent d'une parfaite imprudence dans le management des actifs publics. Souvent, la pensée unique ambiante veut que l'on avantage les critères de clientélisme dans la nomination des managers. Une habitude qui rentre dans les m?urs. Signe d'un laisser-aller plus grave, le groupe Sonelgaz et la Banque extérieure d'Algérie (BEA) sont sans patrons depuis le début du mois en cours.Nourredine Bouterfa et Mohamed Loukal ont été promus respectivement ministre de l'Energie et gouverneur de la Banque d'Algérie sans que l'on pourvoie leurs précédents postes. Dans cette morosité ambiante, où défiance à l'égard des tutelles s'y mêlait au pessimisme, le moral des dirigeants est au plus bas. Il est ainsi pour le moins incohérent de se projeter dans des actions macroéconomiques lorsque les entreprises sont privées de la bonne croissance, faute de stabilité.
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