
Légèrement démocratiques au départ, les enjeux se sont lentement resserrés pour montrer la véritable nature de la machine qui s'est mise en marche pour forcer le destin de 36 millions de personnes. La dernière semaine qui nous sépare des élections risque d'être difficile : harcèlement policier, pressions de toutes formes et même enlèvements. On le sentait un peu, pour cette dernière ligne droite, la menace et la violence sont devenues les seuls procédés pour obliger les gens à voter. L'agenda jouerait pourtant contre ce type de pressions, la Journée de la liberté d'expression vient de passer, le 3 mai (la Journée mondiale du rire est le 6 mai) et en théorie chacun aurait le droit de parler, de s'exprimer et de crier. Y compris les gens de Saïda, se sentant touchés et qui ont parfaitement le droit de se défendre même si c'est pour proférer aussi des menaces (de poursuites en justice) et traiter les journalistes de vagabonds, ce qui n'est pas réellement une insulte si on les oppose aux sédentaires gras nantis de certitudes.
En pratique, à J moins 5, les coups bas pleuvent, y compris de la part de ceux que l'on croit dans le même camp et, du point de vue moral, il est aujourd'hui moins grave de détourner des milliards que d'appeler au boycott ou même de ne pas appeler à voter. Les temps sont sérieux, l'humour n'a plus le droit de flirter avec l'analyse, le deuxième degré est interdit sans préavis et même le scepticisme sur ce scrutin est désormais un délit. La machine est en place, les structures anonymes chargées de chasser les visibles sont opérationnelles et elles ont pour mission de tenter d'éliminer tous les éléments qui ne fonctionnent pas dans le sens du bien-être de la Matrice. Seule consolation : les gens de Saïda, qui n'ont rien à voir avec ces procédés souterrains mais tiennent quand même à défendre leurs joueurs de couteaux, auront au moins signé leur acte de leur nom.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chawki Amari
Source : www.elwatan.com