Les données indiquent que le phénomène de l'analphabétisme touche particulièrement la gent féminine considérée victime
des tabous et des préjugés sociaux.
Selon les chiffres avancés par la wilaya de Saïda, le taux d'analphabétisme est de 28,5% à travers les 16 communes que compte la wilaya contre 71,4% représentant le pourcentage d'alphabétisation. Les données ont démontré que le phénomène de l'analphabétisme touche particulièrement la gent féminine considérée victime des tabous et des préjugés sociaux. En effet, si nous procédons à une simple étude comparative entre le nombre de filles scolarisées et celui des garçons à travers la wilaya, nous pouvons constater que le taux d'alphabétisation des filles est toujours inférieur par rapport à celui des garçons, particulièrement dans les régions enclavées.
À titre d'exemple, dans la commune de Tircine, le taux de garçons analphabètes est de 48,6% alors que celui des filles est de 66,4%. Toutefois, le taux d'analphabétisme est réduit au niveau du chef- lieu de la commune de Saïda où l'on a enregistré un pourcentage de 12,2% garçons analphabètes contre 24,6% filles, eu égard à la disponibilité des infrastructures éducatives ainsi qu'à la nature des esprits ouverts au développement. Afin de faire un diagnostic fiable du phénomène, nous nous sommes rapprochés de quelques femmes de différents âges.
Privées de savoir
Fatima, mère de quatre enfants, nous dira : «C'est notre grand frère qui s'est occupé de nous après la mort de notre père. Il nous a privées, ma s'ur et moi, de l'école, pourtant, nous étions excellentes». Ce qui est révoltant, c'est que ses filles ont eu droit à l'instruction et ont obtenu des diplômes universitaires. Kheira, une autre jeune fille, a quitté l'école dans les années 70 car elle habitait très loin du CEM Albert Camus. À l'époque, ses parents ont jugé utile de ne pas la laisser poursuivre ses études. Donc, ils ont préféré l'enfermer à la maison en attendant qu'elle se marie. À l'Académie, les chiffres du mois de mars 2012, communiqués par le service des examens, montrent que le nombre de garçons scolarisés est supérieur à celui des filles mais uniquement pour les deux cycles du primaire et du moyen.
En effet, le nombre de garçons scolarisés au cycle primaire est de 17 729 contre 16 487 filles, soit un total de 34 216 élèves. Au cycle moyen, le même service a enregistré la scolarisation de14 838 garçons et 13 674 filles. Avec 5 015 lycéens et 6 121 lycéennes, soit un taux de 11 136 élèves, les chiffres des élèves scolarisés au secondaire sont relativement satisfaisants, apprend-on de même source. Selon un responsable du secteur de l'Education, les filles sont plus motivées que les garçons. D'ailleurs, beaucoup d'entre eux abandonnent leurs études au secondaire pour se consacrer à une formation professionnelle ou à un métier dans le secteur privé ou étatique.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Sid Ahmed
Source : www.elwatan.com