Saida - Revue de Presse

Analyse du Jeudi



Que reste-t-il du GSPC à Saïda ? L’élimination par les forces de sécurité, dans un accro-chage avant-hier, du numéro 2 de la moribonde katibat En-Nasr, dans la wilaya de Saïda, est venue rappeler que tout n’est pas encore fini dans la région. Cette katibat a décidément la peau dure, bien que l’on entend parler d’elle que lorsqu’elle perd un de ses terroristes (arrêté ou abattu) ou quand un de ses réseaux de soutien est démantelé. Ayant été, depuis sa création en 1993, l’une des mieux organisées, elle a continué à faire subir à la wilaya des atrocités innommables. Sous sa férule, Saïda a été divisée en deux parties (ouest et est) qu’elle a baptisées des noms de Salah Eddine (en référence à El Ayoubi) et Toubouk (une des batailles du Prophète), en plaçant dans chacune d’elles un groupe (zomrat) («El-Hajir» et «Er-Radouane), lui-même divisé en sections (sarayat), une dans chaque commune pour presque la totalité des seize que compte la wilaya. L’extrême violence de la katibat a provoqué, très tôt, au sein de la population, la détermination de s’organiser pour protéger les villages et douars où n’étaient pas encore suffisamment ou pas du tout déployées les forces de sécurité. La première commune où l’initiative est née a été Maâmora qui était à l’origine un «village socialiste» où, la nuit du 14 septembre 1994, la katibat a incendié tout ce qui pouvait appartenir à l’Etat. C’était la deuxième attaque à une semaine d’intervalle. Cette nuit-là, le siège de la mairie, le dispensaire, la station d’essence, le parc communal, l’entreprise intercommunale, la pharmacie, tout a été réduit en cendres. Mais cette même nuit, la décision de se faire armer par l’Etat pour contrer de pareilles tragédies s’est imposée et a été aussitôt prise en charge par les autorités qui ont répondu favorablement à la demande. C’est ainsi qu’est né le premier groupe de «Patriotes». Ils n’étaient que six citoyens au début. Mais Maâmora ne connaîtra plus jamais d’actes terroristes, si ce n’est, très rarement, de furtives incursions dans des douars isolés (surtout dans la région de Hlilif) en zone limitrophe des forêts. Les années suivantes, l’ensemble des communes de la wilaya aura son groupe de Patriotes, renforcé par des Groupes de légitime défense (GLD). Une lutte avec des épopées insoupçonnées jalonnera la décennie. Avec l’appui des forces de sécurité, des villages et douars entiers sont investis et nettoyés des groupes qui semaient la terreur. Renouant avec la vie, la population exprimait sa joie à travers des festins, fantasias et youyous. Cependant, le combat a été très rude face aux sanguinaires du GIA, surtout dans la deuxième moitié des années 1990, que dirigeait alors le tristement célèbre Mohamed Kara dit Abdelwahed Abou Omar. Il a fini par détruire gratuitement plus d’un millier de vies à la fin de la décennie. Mais en même temps, le GIA a été totalement anéanti. Les rescapés ont dû se regrouper à Djebel Lahdid (entre Saïda et Sidi Bel-Abbès) où, en accord avec les groupes qui continuaient à errer dans les wilayas voisines, ils ont décidé de rallier le GSPC. Ce qui sera annoncé officiellement en octobre 2002. Cette même année où les rescapés, organisés transitoirement au sein du «Groupe salafiste combattant» (GSC) avaient assassiné dans une embuscade une vingtaine de militaires et le regretté chef patriote, Ammi Belgacem, non loin du lieu où a été abattu avant-hier le numéro deux de la katibat En-Nasr. L’«émir zonal», Yahia Djouadi alias Yahia Abou Amar qui était basé à Djebel Lahdid a été appelé pour rejoindre le GSPC dans le centre du pays où il est utilisé pour tenter d’organiser de telles embuscades. Et il n’a pas manqué d’en faire, comme dans l’Est de la wilaya de Bouira notamment. Manquant de chair à canon, l’ex-GSPC semble, pour le moment, se désintéresser des maquis de Saïda, comme, du reste, des autres wilayas de l’extrême ouest où ne survit plus qu’un autre groupuscule entre Sidi Bel-Abbès et Tlemcen. Mais il est fortement probable qu’il cherche à se faire oublier dans la zone afin de sécuriser la possibilité de mobilité vers et à partir du Maroc voisin dans sa prétention de devenir réellement le représentant régional d’Al-Qaïda à travers le Maghreb.
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