Le cinquième calife
On raconte qu’un jour, lors de sa promenade quotidienne, le calife Omar qu’Allah soit satisfait de lui, entend une jeune fille dire à sa mère qui lui demandait d’ajouter à du lait, qu’elle vendait, de l’eau, que le calife Omar ne cessait de rappeler aux croyants que la fraude, en toute circonstance, était contraire à l’islam.
- Mais Omar ne nous voit pas, rétorqua la mère.
- Si Le calife Omar ne nous voit pas, Le seigneur par contre, Lui, nous voit bien, répondit la jeune fille.
Subjugué par ce qu’il avait entendu, Omar se pressa de rentrer chez lui pour raconter cette histoire à sa femme et son fils Abdelaziz.
En s’adressant à son jeune fils, le calife lui dit : « Mon fils veux-tu me faire un plaisir ? »
- Mais, bien sûr que si père, répondit le jeune homme.
- Epouse cette jeune fille, dit Omar.
- Avec plaisir père, s’exclama Abdelaziz pour le conforter.
Quelque temps après les deux jeunes convolèrent en justes noces, et une année après, ils eurent un joli garçon qu’ils prénommèrent Omar en souvenir du père. Deux décennies plus tard, celui-ci régna sur l’Egypte et devint le cinquième calife après son grand-père.
Tibar CHIBANI
CHIBANI Tibar - ENSEIGNANT UNIVERSITAIRE - Ain Fakroun, Algérie
22/01/2011 - 10517
La roue du temps
A l’instar des planètes et autres astroïdes qui peuplent l’univers, la roue du temps ne s’arrête pas. Dans cet engrenage céleste, les années se succèdent et s’enchainent tout comme la nuit et le jour. Une année s’en va, une autre arrive. Le passé et le futur se côtoient à la limite d’un présent éphémère et inexistant dans la réalité car celui-ci ne dure, en fait, que le temps que l’on met pour percevoir un son ou un énoncé déjà passé, donc, mourant, à l’image de cette lumière qui met huit minutes pour nous parvenir du soleil ! Ceci dit que le présent dont il est question n’est autre que le passé et le futur : l’un récent, l’autre proche. Dans ce monde, ici bas, nous avons vécu et vivrons, semble-t-il, le passé et le futur qui se perpétuent continuellement tout en aspirant à une vie tranquille loin de toute tourmente déstabilisatrice ; quant à la Terre, elle continuera, certes, à tourner sur sa lancée jusqu’à ce qu’elle arrive à son épuisement ; le temps où elle se retrouvera, alors, contrainte à revenir en arrière dans un mouvement de rotation inverse annonçant notre inévitable fin!
Tibar CHIBANI
CHIBANI Tibar - ENSEIGNANT UNIVERSITAIRE - A, Algérie
19/01/2011 - 10441
Autrefois, m’a-t-on raconté, les amants se communiquaient par le moyen de leurs chaussures ! En fait, comme il n’ y avait pas de promiscuité, les femmes et les hommes étaient tout le temps séparés notamment lors des fêtes ou lorsqu’une famille reçoit un hôte. Le seul moyen auquel peut recourir celui-ci pour passer un message à sa dulcinée était sa paire de chaussures ! Dès qu’il ôte ses chaussures, l’hôte indélicat prend le soin de poser l’une sur l’autre ! Ce à quoi devrait répondre la maîtresse de la maison loin de tout soupçon. Si elle est d’accord pour cette rencontre amoureuse, elle doit veiller à ce que les chaussures demeurent dans cette position, si en revanche, elle refuse de rencontrer son amant ou cet étranger qui désire la voir, elle doit arranger les chaussures, la tache qu’accomplissent les femmes en de pareilles circonstances. Tibar CHIBANI
CHIBANI Tibar - ENSEIGNANT UNIVERSITAIRE - Ain Fakroun, Algérie
01/01/2011 - 9799
Le langage de chaussures !
Lorsque Moudhir, le journaliste irakien lança ses chaussures sur le président américain, Georges Bush en signe de protestation de l’occupation américaine, lors d’une conférence de presse qui a eu lieu à Baghdad en présence de Nouri Maliki, le chef du gouvernement Irakien, je me suis rappelé des chaussures que nous lançait, autrefois, notre professeur d’arabe lorsqu’il se mettait en colère. Cela remonte vers la fin des années soixante-dix dans un collège de la localité de Ain Fakroun. En fait, notre professeur, un grand gaillard égyptien dont la voix rauque suffisait à elle seule à ramener le calme mais qui pour corriger quelque élève perturbateur prenait toujours la peine d’ôter une de ses chaussures avec l’intention de faire mal à l’indocile en ne visant que les articulations des membres postérieurs de celui-ci! Tandis que la victime se tordait de douleur, ses camarades de classe pouffaient de rire.
Se faire tabasser par des chaussures, cette scène nous n’était pas totalement étrangère puisque ce fut la punition que recevait de nombreux enfants chez eux mais à la différence de celle du professeur, les mamans ne se servaient jamais de chaussures mais plutôt de pantoufles et autres babouches ! Par commutation, on voyait, déjà, le professeur occupait le statut de maman ; une maman qui faisait beaucoup plus de mal ! Voilà pourquoi on n’arrêtait pas de rire : notre professeur et nos mamans avaient, pratiquement, le même langage : le langage de chaussures !
Tibar CHIBANI
CHIBANI Tibar - ENSEIGNANT UNIVERSITAIRE - Ain Fakroun, Algérie
01/01/2011 - 9798
La mémoire des mots
Pour la conscience collective des Algériens, les mots « occuper, occupation, occupant » rappellent trop douloureusement les évènements de la guerre d’Algérie en particulier et l’époque coloniale d’une manière générale. Si, pour un Français, le terme « occupation » passe inaperçu puisqu’il n’est associé, pratiquement, à aucun évènement ayant marqué la conscience collective des Français, pour un Algérien ce n’est pas la même chose puisque ce terme (occupation) dont la charge sémantique dont il s’est doté n’est autre que l’Histoire du pays autrement dit sa propre Histoire.
Le SA « occupation », ne représente, donc, pas la même image acoustique pour deux sujets parlants différents : un Algérien et un Français par exemple.
Si « occuper » fait rappeler au Français un lieu, une maison, pour un Algérien, en revanche, c‘est l’occupation de son pays que lui rappellerait ce mot.
Tibar CHIBANI
CHIBANI Tibar - Universitaire - Ain Fakroun, Algérie
18/12/2010 - 9364
Posté par : sofiane
Ecrit par : L. Baâziz
Source : www.elwatan.com