La saison des fêtes a commencé bien avant le mois de Ramadhan et elle se poursuit encore.Chaque jour que Dieu fait, les passants assistent au passage d'interminables cortèges de rutilantes voitures d'où des femmes richement parées lancent des youyous. De temps à autre, des salves de baroud font sursauter les enfants et les femmes. La mode veut que la voiture de la mariée soit accompagnée de deux cavaliers chevauchant des montures bien harnachées comme pour une fantasia. Comme toujours, le cortège est clôturé par la camionnette (ou les camionnettes) transportant la dot de la mariée. C'est à qui de faire étalage de sa richesse et par ricochet de sa puissance. Il est bien fini le temps de l'humilité et de la modestie.
«C'est, nous avoue Saïd, un sexagénaire, la mode qui impose ce genre de démonstration de faste et de richesse. Dans mon temps, les mariages se célébraient dans l'intimité familiale.» Un autre homme interrogé se dit outré par les klaxons qui fusent de partout et qui écorchent les oreilles. «Autrefois, ajoute-t-il, point n'était besoin de faire tant de bruit. Certes, nous étions pauvres, mais on se respectait entre voisins. La fête devait s'achever avant dix heures du soir.» D'autres citoyens se disent scandalisés par tant de dépenses, parfois à la limite du superflu. «Pourquoi tant de dépenses quand on peut se limiter au strict nécessaire '» s'interroge Saïd. Avec la cherté de la vie, nombre de jeunes n'envisagent guère de convoler en justes noces.
Djamel, la quarantaine, est un célibataire endurci. «Comment pouvoir contenter la fiancée si elle m'oblige à m'endetter jusqu'au cou pour exaucer son voeu, celui bien sûr de lui payer un fastueux mariage' » nous lance-t-il d'un ton déprimé. Il n'est pas le seul à souffrir de cette situation. Le malheur, commente un jeune enseignant, les choses ne s'arrêtent pas là. Il va falloir exaucer tous les besoins de la nouvelle mariée, à commencer par l'achat d'un studio pour vivre à deux dès le départ, par l'acquisition d'un véhicule... et le reste. Au bas mot, la célébration d'un mariage n'est plus une mince affaire. Juste après les fiançailles, il va falloir se saigner à blanc pour mille et une dépenses. En définitive, le moins coûteux des mariages avoisine les 600 000 DA.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Baâziz Lazhar
Source : www.elwatan.com