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SURPRENANTE SORTIE DU PREMIER MINISTRE à PARTIR D'OUM EL-BOUAGHI



SURPRENANTE SORTIE DU PREMIER MINISTRE à PARTIR D'OUM EL-BOUAGHI
De notre envoyé spécial à Oum-El-Bouaghi et à Batna, Kamel AmarniLe Premier ministre, Abdelmalek Sellal, alterne entre optimisme et fermeté et tente de donner une image d'un Etat maîtrisant bien la situation, en dépit d'une chute persistante et vertigineuse des prix du pétrole. A partir de l'est du pays, où il visitait jeudi dernier les wilayas d'Oum-El-Bouaghi et de Batna, le chef de l'exécutif s'était même employé à rassurer les Algériens : «Je suis désolé de décevoir certains, mais l'Algérie n'a pas été déstabilisée comme ils l'auraient souhaité» !C'est un nouveau ton chez Sellal qui, un tantinet arrogant et provocateur, ira même jusqu'à ajouter : «contrairement aux affirmations de pseudo-analystes, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays, davantage à l'extérieur d'ailleurs et n'en déplaise à la cinquième colonne, l'Algérie n'a pas été déstabilisée et ne le sera jamais ! Cela, malgré le violent choc pétrolier qui persiste depuis deux ans.»Outre la maîtrise du volet sécuritaire, l'optimisme de Abdelmalek Sellal prend comme socle les indicateurs économiques. Il révèlera d'ailleurs une multitude de chiffres pour appuyer ses affirmations. Ainsi, et contrairement à des pays analogues en termes de dépendance aux hydrocarbures, comme le Venezuela qui collectionne des taux d'inflations effrayants, l'Algérie est en crise, mais pas en danger.A se fier aux déclarations de Abdelmalek Sellal, inlassablement répétées à chacune de ses nombreuses haltes, ce jeudi, à Oum-El-Bouaghi notamment. «Voilà deux années que nous subissons le choc pétrolier. Pour autant, avons-nous fermé une seule usine ' Avons-nous licencié un seul travailleur ' Bien au contraire, même notre politique sociale est maintenue. Et jamais nous n'allons recourir à la politique de l'austérité». Comment ' Sellal avance ses chiffres. «Pour l'année 2016, le taux de croissance est de 3,5%. Il sera de 4% en 2017 pour atteindre 5% en 2018, selon les prévisions. S'agissant de l'inflation, elle est de 4, 7% en 2016 et sera ramenée à 4 % en 2017 ».Le Premier ministre affirme également que cette croissance est tirée vers le haut par deux secteurs essentiellement : l'industrie et l'agriculture. Il parlera aussi du très sensible sujet des réserves de change. «Nos réserves de change en sont à 116 milliards de dollars pour 2016. Elles baisseront à 111 milliards de dollars d'ici 2019 mais, dans tous les cas, elle ne baisseront jamais au dessous de 100 milliards de dollars, quelles que soient les circonstances».En parallèle, révèlera encore le Premier ministre, la rente pétrolière viendra également à la rescousse ! «Même la production pétrolière va sensiblement augmenter ce qui fera que la fiscalité pétrolière, qui est de l'ordre de 30 milliards de dollars cette année, sera de 35 milliards en 2017 pour atteindre 45 milliards en 2018».Sur sa lancée, Sellal évoquera l'emprunt obligataire. «Nous l'avons lancé il y a deux mois à peine. Au départ, nous misions sur un chiffre de 400 milliards de dinars , au maximum. Or, nous sommes, déjà , à plus de 472 milliards. De son côté, le forum des chefs d'entreprise s'est engagé, quant à lui, d'en verser 150 milliards. Libre aux gens de prendre des intérêts ou pas, mais cet argent, nous en avons besoin car l'Etat a besoin de liquidités en dinars. Pour les devises, Dieu merci, nous en avons suffisamment». Le Premier ministre mise également sur la traque aux importations «inutiles», voire même à inverser la tendance en faveur de l'exportation concernant certains produits comme le ciment. «D'ici septembre prochain, nous allons définitivement cesser d'importer le ciment, grâce aux nombreux projets qui rentrent en production. Cela, avant de pouvoir en exporter, d'ici fin 2018, début 2019». Des exemples que Sellal appelle à multiplier dans tous les secteurs possibles. Comme pour la poudre de lait «que nous devrons absolument pouvoir ne plus en importer d'ici 2019», insistera-t-il à plusieurs reprises. Globalement, le Premier ministre affirmera que sur le plan économique, les difficultés persisteront en 2017 et s'atténueront en 2018, année où les choses se stabiliseront avant une légère reprise prévue en 2019.«Nous ferons appliquer la loi avec fermeté et rigueur»Sur un autre plan, et faisant allusion aux dernières questions brûlantes de l'actualité, particulièrement l'affaire El Khabar et celles y afférentes, Sellal a tenu à réaffirmer la fermeté du pouvoir à l'égard de la presse. «Nous n'avons pas de problèmes avec la presse. Je m'adresse aux journalistes professionnels pour leur dire qu'ils sont libres, mais à la seule condition de respecter les institutions de l'Etat et les valeurs de la société. Nous n'allons jamais mettre un journaliste en prison pour ses opinions, mais il faut rappeler que l'insulte, l'injure, la diffamation et l'atteinte à la dignité des personnes ou de leurs familles ne font pas partie de nos traditions».En somme, le pouvoir réaffirme ici, à très haut niveau, sa constante perception de la «déontologie». Une déontologie à sens unique, sélective et qui consiste à seulement prémunir Bouteflika et certains autres hauts responsables, tandis que des atteintes quotidiennes à l'éthique et à la déontologie sont perpétrées par d'autres médias «amis», dont les écrits ou les programmes diffamatoires, ou faisant l'apologie du terrorisme, de l'islamisme, du racisme, du régionalisme, du sexisme sont servis en toute impunité ! Pourtant, c'est le Premier ministre en personne qui le dira, ce jeudi aussi, en évoquant les derniers événements liés aux examens du bac. «Nous avons un grand problème moral et de civisme dans notre pays qu'il nous faut régler (”?) De notre côté, nous allons toujours veiller à faire appliquer les lois avec fermeté et rigueur».Le lynchage systématique et hystérique que les islamistes et les conservateurs perpétuent depuis deux ans contre la (pourtant ) ministre de l'Education, Nouria Benghebrit, a-t-il été sanctionné ' La déontologie, comme l'application des lois, est un tout. Cela concerne aussi les salafistes que le pouvoir redoute tant”?
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