
Linguiste, peintre et poète, telles sont les vocations ou vies parallèles de Ali Boumegoura. Suivons son parcours. Entre 1976 et 1980, il était étudiant à l'université de Constantine, préparant une licence en anglais.Cela ne l'a pas empêché de titiller la muse, puisqu'il avait la fibre d'un poète. Avec son ami Kenzy Dib, un autre poète, il a participé à des récitals au sein de l'université. Un autre don sommeillait en lui, celui de peindre. Il l'avait déjà exprimé quand il était au collège. Ce qui lui importait tout de suite, c'était de poursuivre ses études. Il avait rejoint l'université d'Essex en Angleterre grâce à une bourse d'études à l'étranger. C'est là pour lui l'occasion rêvée de parfaire et d'approfondir ses connaissances dans la langue de Shakespeare. Il ira même jusqu'à étudier les littératures universelles et la critique.Le voilà qui rejoint la Sorbonne nouvelle, Paris III, pour préparer un DEA (diplôme d'études approfondies). En somme des études anglaises et nord-américaines de littérature contemporaine. De même, cela l'amènera à faire de la traduction et de la stylistique comparée du français et de l'anglais, ce qui lui ouvre les portes des langues et des sciences du langage. Il parvient de suite à saisir la corrélation qui existe entre le langage verbal et le langage pictural. «La sonorité des mots et la sémantique rejoignent ce qui est propre à l'art pictural, les formes et les couleurs», nous apprend-il. Et d'ajouter en citant Jacques Derrida : «La peinture comme langage devient texte, et ce, à travers un enchevêtrement de traces, et aussi de sujets à décrypter ou déchiffrer, c'est selon le sens, la sémantique, la signifiance».Ali Boumegoura a donné corps à ses différentes interprétations, lui qui a compris les deux langages, celui des mots et celui des formes et des couleurs, en l'occurrence l'art pictural. Pendant son long cursus universitaire, il a fréquenté assidûment les musées, les galeries d'art à Londres et à Paris, passant de savoureux moments faits d'échanges et de questionnements avec les peintres qui hantent la fameuse place du Tertre à Paris. Ali nous confie que là où il passe, il laisse comme souvenirs des tableaux de sa peinture.Nombre de ses œuvres sont soigneusement entretenues chez des particuliers. Parmi tous les tableaux qu'il a réalisés, il nous cite avec un brin de nostalgie celui pour lequel il a le plus d'attachement. C'est le tableau portant le titre «Les amandiers en fleurs», qu'il considère comme unique dans tout ce qu'il a réalisé comme peinture. «Pourquoi justement ce tableau ne ressemble à aucun autre ' Eh bien tout simplement parce qu'il représente la nature sous son radieux jour en hiver.Oui, il n'y que les amandiers qui fleurissent en février, alors qu'on est encore en période hivernale. Par l'éclosion de leurs fleurs, les amandiers annoncent peut-être l'arrivée prochaine du printemps», nous révèle-t-il, En parallèle, Ali sera pendant de longues années enseignant de langue anglaise à l'université Larbi Ben M'hidi d'Oum El Bouaghi. Actuellement, il a opté pour une école privée où il enseigne à la fois l'anglais, le français et l'espagnol. Comme artiste-peintre, il a pris part à de nombreuses expositions en Algérie et en Tunisie, où il a obtenu de nombreuses distinctions. N'omettons pas de signaler qu'il réalisé des peintures pour des infrastructures de la wilaya d'Oum El Bouaghi, «signe qu'il signe sa présence», pour paraphraser Jacques Prévert.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Baâziz Lazhar
Source : www.elwatan.com