Oum-El-Bouaghi - A la une

Le point névralgique se situera au niveau de l'opinion publique



Le point névralgique se situera au niveau de l'opinion publique
Si les mesures financières et économiques adoptées par le gouvernement demeurent globalement valables, la détérioration de la conjoncture économique provoquée par la dégradation des cours pétroliers sur le marché mondial contraint l'Exécutif à prendre des mesures restrictives renforcées, c'est de bonne guerre singulièrement sur le plan financier afin que le développement national ne souffre pas des retombées de la crise que vit le baril de pétrole. Cette matière était le moteur essentiel de la prospérité du pays. Mais aujourd'hui, la part de l'or noir autrefois prépondérante dans les recettes de l'Etat, ne représente plus les 90 % des entrées budgétaires. Et comme le soulignent nombre d'économistes, " la morosité économique actuelle confirme s'il en était besoin qu'un pays aussi nanti soit-il demeure fragile tant que le plus clair de ses ressources provient d'une seule production? ". Pour le gouvernement algérien, qui s'est efforcé malgré tout de diversifier les investissements et de préparer l'ère de l'après-pétrole, le retournement de situation sur le marché pétrolier n'a pas été une surprise. On avait depuis longtemps conscience en haut lieu des obstacles que la crise économique mondiale et les aléas d'un marché dont on n'est pas maître ne manqueraient pas de se dresser devant les efforts de développement national. Aussi le discours officiel depuis juin 2014, date du commencement de la dégringolade des prix du baril de pétrole, n'a-t-il cessé de mettre en garde contre les conséquences d'un trop grand optimisme. L'opinion publique peut mesurer aujourd'hui les effets pervers de la crise. Les citoyens découvrent une réalité à laquelle ils sont invités à faire face avec courage et détermination. D'autant plus que le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika dans le message qu'il a adressé à la nation avait réaffirmé : " Nous avons décidé de cesser tout recours aux crédits extérieurs, et en gérant avec prudence nos réserves de change, ce qui nous permet aujourd'hui de faire face à la crise financière, et d'engager souverainement les correctifs que celle-ci requiert, en tenant compte de nos réalités propres et dans la fidélité à nos options fondamentales ". Dans cet esprit, le Premier ministre, M. Abdelmalek Sellal n'a de cesse de demander à l'opinion publique d'être à l'écoute du monde socio-économique et politique et de faire preuve d'esprit citoyen, de sens patriotique et d'abnégation. Cependant si la situation économique et financière du pays est difficile en raison de la baisse des revenus pétroliers, elle n'est pas jugée désespérée. Plus important est de savoir comment fonctionnera la sphère socio-politique pendant cette conjoncture très certainement passagère, propice à des perturbations, si la cohésion nationale n'est pas maintenue dans les rangs des franges saines. Aussi, en s'appuyant sur l'expérience qui a montré que chaque fois que la société algérienne fait l'objet d'une tentative de désunion, les répercussions se font immédiatement sentir, réduisant ainsi la capacité de reconstruction du pays et l'exposant à la perte des conquêtes acquises. En effet, par ces temps de crise, qui ne s'applique pas uniquement à l'Algérie, mais à l'ensemble des pays producteurs d'or noir, les difficultés ne manqueront pas d'être exploitées par les détracteurs du programme politique en vigueur. Ceux principalement que vient de fustiger le Premier ministre, Abdelmalek Sellal lors de la visite qu'il a effectuée à la wilaya d'Oum El Bouaghi et qui " tentent de nuire à la stabilité de l'Algérie ". Le point névralgique de la bataille se situera donc au niveau de l'opinion publique dont beaucoup de monde tentera de se disputer les faveurs en prévision des échéances électorales de l'année 2017. Dans cette bataille, il est à se demander où sont les responsables et les militants des partis de la majorité qui soutiennent le programme présidentiel et qui jusqu'à ce jour n'ont pas montré la constance de leur capacité à contrer toutes inepties et toutes infamies qui ne manqueront pas d'être déversées au sein de la société algérienne. Car c'est cette bataille de la sensibilisation, de la mise en garde et de l'information qui est peut-être aujourd'hui la plus décisive pour la stabilité économique, social et sécuritaire du pays.
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