
L'accusé d'actes terroristes dans la steppe a donné comme arguments, la vengeance et la haine des apostats...Les audiences criminelles se déroulent à un rythme infernal. Chaque trio de magistrats du siège choisis pour leurs seules qualités et au vu de la possibilité des salles d'accueil, est renforcé - malheureusement - de deux jurés tirés au sort, alors que la justice veut que le nombre de jurés soit de quatre et plus, se démène tous les jours. Et chaque composition criminelle se farcit jusqu'à quatre dossiers par jour. C'est énorme... oh! oui!Le client de Maître Amar Khial avait été arrêté au Tchad en 2005 et remis aux autorités algériennes qui le recherchaient activement tout comme ses codétenus de ce mardi. Ces éléments qui opéraient dans tout le Sud du pays sous l'autorité de Abderrezak Saïfi dit «El Para» avaient tout fait. Ils avaient pris des otages pour ne les libérer que moyennant une rançon qui servira à acheter des armes en Libye, au Niger, au Mali et au Tchad.D'opérations spectaculaires en faux barrages en passant par des attaques-éclairs de casernes où des armes de guerre étaient prises, les individus n'avaient de compte à rendre qu'à El Para. L'enfant de Aïn El Kercha (Oum El Bouaghi) racontera aux enquêteurs par mal de faits plus ou moins sanglants.Devant Tayeb Hellali, le président du tribunal criminel, assisté par les jeunes Yasmina Adjaz et Nadia Amirouche, les accusés vont devoir résister à certaines accusations, pointant de l'index les enquêteurs qui les ont entendus, écoutés mais jamais suivis. Pour ce qui est de Gouas, par exemple, il a raconté le jour où rentrant avec son troupeau des prés et collines de Aïn El Kercha (Oum El Bouaghi), il trouva ses frères criblés de balles.«On les a assassinés froidement» lui avait-on dit avant même qu'il ne s'avance des corps criblés de balles. Pour lui, ce sont les services de sécurité qui ont tué ses frères. Alors, il décide de les venger en s'armant d'une arme à feu avant de se mettre à la recherche d'un endroit sûr où il aménagera une casemate pour s'y réfugier la journée, qu'il quittera la nuit pour effectuer des opérations de vendetta. Il s'en prendra aux «uniformes» et le mot mis entre guillemets est de lui.Puis il raconte comment un beau jour, il rencontra des terroristes opérant sous les ordres du «Para». Il «monte» au Sud où il est affecté dès son arrivée, lui, le berger de Aïn Kercha, aux travaux ménagers du groupe armé mobile. On lui confia tout sauf l'essentiel: des armes de guerre.Il restera ainsi jusqu'au jour où il se rappela les exactions qu'il aurait subies. Il prit des armes une nuit et sortit chasser des «koufar» «taghout» et autres gens qui ne lui ont rien fait.Il ne s'en rendra compte que durant les débats où la subtilité, l'intelligence et le doigté de Tayeb Hellali, le président du tribunal criminel, avaient pris le dessus. Une composition criminelle renforcée par une procureure générale sur le qui-vive, «encouragée» par les aveux nus de l'accusé.Un accusé venu afin que justice se fasse. Il s'est lourdement vengé des gens, des méchants, mais aussi d'innocents rencontrés au hasard de ses «randonnées» à travers les oueds, les monts, les vaux et les cols de la steppe d'Oum El Bougahi, cette contrée qui fut un haut lieu de résistance à travers les âges. Cette immensité où se trouve Aïn M'lila qui a vu naître l'incomparable Mohamed Larbi Ben M'hidi, l'un de ceux qui avaient décidé de mettre out les colonisateurs avec leur armée, celle de l'Otan et son diabolique arsenal et matériel mécanique, de feu crachant la mort, la désolation. C'était ne pas connaître la farouche volonté du peuple algérien à arracher sa dignités, sa souveraineté, son indépendance et sa liberté.Quant à l'accusé de Aïn Kercha qui ne fut pas surpris d'entendre Amirouche requérir la peine capitale mais «rassuré» d'écoper de...20 ans de réclusion criminelle. Un verdict qui a sonné dans le crâne de l'accusé, finalement heureux, de ne pas avoir «pris» plus. Ouf. Quant à Maître Amar Khial, il était heureux d'avoir joué son rôle de partenaire de la justice. Merci!
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdellatif TOUALBIA
Source : www.lexpressiondz.com