Oum-El-Bouaghi - A la une

Il n'y a pas de quoi se réjouir



Des habitants de la deuxième ville de la wilaya, qui se disent étonnés par l'annonce du Conseil du gouvernement en ces temps de crise, considèrent cette mesure comme un non-événement.L'annonce faite, mardi dernier, relative à la création de 44 wilayas déléguées n'est pas perçue par tous de la même façon, particulièrement à Aïn Beïda où les avis sont partagés quant à cette promotion. Pourquoi ' Nous avons recueilli les impressions des uns et des autres sur cette nouvelle décision à la veille d'un scrutin crucial.
Que ce soit dans les rues ou dans les cafés, les gens n'ont pour sujet que cette inattendue promotion qui va élever au rang de wilaya déléguée des villes sans structures de base et dont le nombre d'habitants estdérisoire pour certaines d'entre elles.
D'autant que cette décision vient à un moment où le pays traverse une conjoncture économique des plus défavorables en raison de la chute des prix du pétrole depuis déjà trois ou quatre années. Certes, certaines agglomérations comme El Eulma dans la wilaya de Sétif, Bou Saâda dans celle de M'sila, Barika dans celle de Batna et d'autres méritent depuis longtemps un nouveau statut. Aïn Beïda en fait partie.
Les citoyens de cette grande agglomération ont de tout temps douté des recensements réalisés durant les décennies passées. Pour eux, les chiffres sont en deçà de la réalité. Au bas mot, ils disent que la ville compte 250 000 ou même 300 000 habitants.
La cité occupe une superficie de 18 km2 et ne cesse de s'étendre tant au sud qu'au nord et à l'est. Ce qui prouve aussi que c'est une grande agglomération est le chiffre effarant des demandeurs de logement, qui frôle les 15 000 personnes.
Sans doute que ce qui a retardé sa promotion est sa proximité avec Oum El Bouaghi, dont elle n'est distante que de 26 km.
Brahim, ancien professeur de collège, n'y voit pas un événement particulier. «C'est un non-événement», nous assène-t-il d'emblée. «La population de la ville a besoin d'autre chose, comme la création de postes d'emplois dans le secteur industriel ou économique», poursuit-il.
Des avis partagés sur les réseaux sociaux
Un enseignant interrogé considère lui que la promotion de la ville en wilaya déléguée ne va rien changer à la vie des citoyens. Saïd, retraité de la mairie, nous rappelle que la ville de Aïn Beïda avait acquis le statut d'arrondissement, aujourd'hui daïra, en 1957 et le fameux Plan de Constantine prévoyait de la promouvoir en préfecture, actuellement wilaya.
D'autres citoyens, par contre, ont applaudi, trouvant en cette promotion une réhabilitation que les pouvoirs du pays devaient à la ville. «Depuis 1974, la ville est marginalisée. Ce n'est que justice faite si aujourd'hui on promeut la ville au grade de wilaya», nous déclare un habitant.
Sur les réseaux sociaux aussi, les avis restent partagés. Certains se disent satisfaits même si cela est venu en retard. «Avec cette promotion, il y aura la création de plusieurs dizaines d'emplois», écrit un facebooker.
«Nous aurons l'implantation de nouvelles infrastructures administratives qui soulageront les fonctionnaires habitués à se rendre à Oum El Bouaghi pour travailler pendant cinq jours de la semaine», pensent d'autres. Si tel est le cas, quel impact cela aura-t-il sur les transporteurs des voyageurs '
Y aura-t-il moins de bus à l'avenir pour assurer le transport des personnels administratifs ou de simples citoyens se rendant au chef-lieu de wilaya pour régler un problème de foncier '
De l'autre côté aussi, avec la promotion de Aïn M'lila au même grade, y aura-t-il perte d'emploi pour les transporteurs privés ' Tant que la décision reste au stade de projet, nul ne sait de quoi sera fait demain !
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