Oum-El-Bouaghi - Revue de Presse

Erreurs médicales: L'hôpital Ben Badis a versé 800 millions de dommages



Les erreurs médicales existent aussi bien au niveau des cliniques privées, que dans le secteur de la Santé publique. Elles ont coûté récemment à l'hôpital Ben Badis, à titre d'exemple, plus de 800 millions de centimes de dommages remboursés aux victimes.

C'est ce qu'a indiqué le conseiller juridique de l'hôpital, Abdelmadjid Hammani, qui a précisé «qu'il s'agit là de sommes d'argent avancées pour la prise en charge d'handicaps lourds, résultant de fautes graves survenues dans le service de la maternité. Questionné sur le nombre de plaintes que reçoit l'hôpital, il dira que pour 2009, il n'y a que trois cas enregistrés, alors que pour 2008, leur nombre s'élève à 30 dossiers dont sept d'entre eux ont fini devant les cours de justice.

Pour ce qui concerne le président du Conseil déontologique des médecins, Rachid Djamane, l'autre invité de l'émission du Forum de la radio locale, qui a assisté, contrairement à d'autres de ses collègues conviés, mais qui ne se sont pas présentés, celui-ci déclarera « au conseil, nous n'agissons que sur plainte, et comme il est de création récente (10 ans) ainsi que certainement par un déficit en communication et d'information, les citoyens ne savent même pas qu'il existe».

Et de poursuivre : «d'où la difficulté de présenter des statistiques fiables». Cependant, il avancera que sur dix recours à sa structure, trois se sont soldés par des sanctions prises à l'encontre de médecins traitants, «tous dans le secteur privé. Et comme le conseil a une autorité qui s'étend sur plusieurs wilayas, il y a lieu d'ajouter la fermeture d'une clinique à Oum El-Bouaghi».

Des interventions des auditeurs à l'antenne, il ressort que le déficit en communication est énorme et que les citoyens, dans leur grande majorité, ne savent pas où et à qui s'adresser, lorsqu'ils sont victimes de fautes médicales.

Ainsi, cette mère de famille qui explique au téléphone qu'à cause d'une prise en charge défaillante lors de son accouchement, elle se retrouve maintenant avec un fils, traînant un handicap lourd depuis sa naissance et sa vie est devenue un véritable calvaire. Elle avoue ne pas avoir déposé de plainte, ni à la justice ni à l'hôpital : «je n'avais, dit-elle, à l'époque que 20 ans».

Plusieurs autres appels téléphoniques faisaient état d'expériences similaires, d'accouchements difficiles et d'une mauvaise prise en charge ayant entraîné des problèmes sans nom pour les concernées. Une des auditrices, se présentant comme travaillant dans le secteur de la Santé, parlera plutôt de la pression que subit l'hôpital et dira «imaginez-vous qu'on réalise entre 1.300 et 1.500 accouchements par mois, alors quelques petits cas (4 ou 5) de fautes dans le domaine, c'est vraiment marginal». Toutefois, une collègue à elle a tenu à dire à l'antenne que «tout ce qu'ont raconté les invités est loin de la réalité, les gens ont des dossiers mais ne les divulguent pas par peur de représailles.


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