
L'été rime avec plage, mariage et gaspillage. Ni la pauvreté, ni la sécheresse, ni le chômage ne peuvent décourager ou dissuader les gens d'organiser des fêtes ou de se permettre quelques jours de vacances au bord de la mer.Car la saison qui s'y prête le plus est sans conteste l'été, saison au cours de laquelle les gens prennent des vacances. Puisque c'est le temps des fêtes de mariage, qui occupent la famille pendant des jours et des jours, voire pendant des mois.Que l'on ne se méprenne pas, une fête de mariage occupe tout le monde. Comme dans toutes les régions d'Algérie, les habitants de la wilaya d'Oum El Bouaghi, tant à Aïn M'lila qu'à Aïn Beida, en passant par Sigus, Aïn Fekroun, Ksar Sbihi, tous ne lésinent pas sur les moyens pour faire bonne figure. «Fais comme le voisin ou change le pas de ta porte» est devenue la règle. D'aucuns suivent aveuglément les effets de la mode. On dépense sans compter. Par les temps que voici, aucune famille qui s'apprête à organiser le mariage d'un de ses enfants, homme ou femme, ne peut se soustraire à ce qui se fait dans la ville. On a plus peur des commérages que d'autre chose. Les mères surtout n'accepteraient jamais d'être taxées de radines.C'est pourquoi elles se plient en quatre pour satisfaire les caprices des voisines. Dépenses extravagantes, achats de vêtements richement décorés, préparation de plusieurs variétés de gâteaux? Ce n'est pas fini, il faut encore louer une salle pour la fête, requérir les services des baroudeurs et des cavaliers pour la parade.«Le mariage du dernier de mes fils, avoue un père de famille, nous est revenu très cher. Je ne veux pas divulguer le chiffre exact, car à chaque fois que je l'évoque, ça me donne le tournis.» Combien de parents se sont endettés jusqu'au cou pour organiser une fête de mariage. «Je ne comprends pas, déclare un jeune célibataire, on exige tant de choses qui s'avèrent en fin de compte inutiles. Pourquoi tout ce gaspillage pour la nourriture, les gâteaux, le cortège '... Nous nous sommes éloignés de nos vertueuses traditions. C'est à se demander si nous sommes devenus autres que ce que nous sommes, contre tout excès, toute forme de gaspillage.»C'est peut-être la cherté des fêtes qui décourage un grand nombre de jeunes à convoler en justes noces, préférant prolonger leur célibat jusqu'à l'âge de 40 ans. «Pour me marier, avoue un quarantenaire, il n'y a pas que le trousseau et la dot qu'il faut offrir à la mariée, mais des bijoux excessivement chers, un logement et beaucoup d'autres choses.»Quand on sait que nombre de jeunes vivent encore un pénible et lourd chômage, il y a lieu de se demander si, compte tenu de la crise économique que nous vivons et subissons, on continuera encore à organiser avec faste et outrance des fêtes nuptiales.Les nouvelles générations auront à subir les conséquences d'un gaspillage provoqué et entretenu par la génération qui les a précédées. Nous le pardonneront-elles '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Baâziz Lazhar
Source : www.elwatan.com