Un engouement sans pareil s'est emparé depuis une semaine de nombre deConstantinois pour les couvertures «bradées» à la criée pour ainsi dire à peine1.000 dinars l'unité par des dizaines de jeunes au marché informel de Daksi. La nouvelle semble avoir fait le tour de Constantine puisque jamais cemarché informel qui épouse tout le pourtour de la nouvelle cité administrativen'a connu l'affluence de ces derniers jours. En effet, deux clients sur troisn'ont en tête que ces fameuses couvertures enfin à la portée des bourses aussimodestes soient-elles. Celles des femmes surtout qui se bousculent curieusementdevant tel étal et pas un autre sans pour autant chercher à négocier le moindredinar d'un prix qui a été carrément décrété à 1.000 dinars au marché de Daksi.Pas un dinar de plus, pas un dinar de moins. C'est du moins le mot d'ordre quese sont passé ces dizaines de jeunes habitués des lieux qui se sont improvisésmarchands de couvertures qui s'entassent pêle-mêle à même le trottoir avec unembarras de choix à même de satisfaire le plus exigeant des clients. Des jeunesqui semblent trouver leur compte dans les 100 dinars qu'ils peuvent gagner àl'unité vendue et ce n'est pas de guerre lasse qu'ils se disputent laclientèle, du reste fort nombreuse, car il s'agit surtout de faire le bonchiffre d'affaires avec une gent féminine qui converge vers Daksi pour avoirflairé la «bonne affaire». Mais en parlant de bonne affaire,c'est assurément du côté de Aïn Fakroun qu'il faudra lorgner. Cette commune deOum El-Bouaghi fort connue pour sa foule d'importateurs en tout genre au «mètrecarré» semble avoir déniché le bon filon. Et c'est tout naturellement que toutce que compte Aïn Fakroun en commerçants a trouvé vocation dans la couture.Ceci parce que deux ou trois importateurs plus futés que les autres ont trouvél'astuce de ramener de Chine des milliers de rouleaux avec en prime descentaines de milliers de mètres de rubans pour que le tour soit joué. Desateliers de couture avec des machines de fortune se sont créés pour couper lesrouleaux, coudre les bordures de rubans et c'est de pleins camions quidéversent quotidiennement au marché informel de Daksi des ballots decouvertures et de couettes que des dizaines de mains se chargent de déballer etd'empaqueter dans de beaux sacs en plastique. Un jeune vendeur qui a bien vouluse prêter à nos questions, nous avouera ne pas comprendre cet engouement subitpour les couvertures puisque, nous dira-t-il, depuis toujours on pouvaittrouver des couvertures à Daksi pour 1.000 dinars et même moins. En tout cas,ce n'est pas de l'avis de ces femmes qui trouvent un bon rapport qualité/prixdans ces couvertures et vous avancent cet argument massue qui fait que tout «lemonde en achète». «Même à El-Eulma au marché «Dubaï» on ne peut pas avoir cescouvertures à moins de 2.000 dinars», dira une cliente. Mais est-ce la mêmequalité ? Daksi ne fonctionne qu'au rythme de la criée des marchands decouvertures. Timidement, c'est les couettesqui faisaient leur apparition et, semble-t-il, selon le même schéma et surtoutle même itinéraire Chine-Aïn Fakroun-Daksi. Déjà depuis quelques jours onparlait avec instance d'un gros arrivage de couettes made in China. Mais qu'onne se leurre pas, c'est toujours le tissu qui est importé en rouleaux et c'estbel et bien des ateliers en Algérie qui se chargent de mettre en forme cescouettes. Le prix est déjà dans toutes les bouches et d'ores et déjà fixé àcette fameuse barre des 1.000 dinars. Fait tout à fait curieux: des couverturespour tenir chaud durant l'hiver se vendent comme des petits pains au printemps.C'est justement ce qui fait le succès de l'opération, nous dit-on. Cherchezl'erreur !
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M S Boureni
Source : www.lequotidien-oran.com