
La faculté de droit de l'université de Ouargla organise les 30 et 31 janvier courant la 2e édition du Séminaire international sur les politiques de défense nationale entre les engagements souverains et les enjeux territoriaux.L'ouverture de cette rencontre, coorganisée par le Laboratoire de recherche sur les mutations politiques, économiques, sociales et juridiques dans l'expérience algérienne, s'est caractérisée par une série d'interventions de haute facture sur la thématique générale de la défense et de la sécurité dans la région dans ses dimensions juridiques et internationales.Présidé par le Pr Bouzid Lezhari, membre de l'Instance consultative internationale des droits de l'homme de Genève, le premier round des travaux a mis en exergue les problématiques liées la sécurité de l'Algérie et la place de l'Armée nationale populaire (ANP) face aux enjeux géostratégiques en Afrique du Nord et dans les pays du Sahel, ainsi que la nécessaire réforme du Conseil de sécurité de l'ONU, organe prépondérant de celle-ci, censé garantir le maintien de la paix et de la sécurité internationales.Sécurité collectiveRappelant la triple compétence du Conseil de sécurité de l'ONU à savoir, celle de décider de simples «mesures provisoires», en premier, de prendre des «mesures n'impliquant pas l'emploi de la force armée», à savoir les sanctions économiques, et enfin, celle d'«entreprendre au moyen de forces aériennes, navales ou terrestres, toute action qu'il juge nécessaire», le Pr Saïda Othmani, directrice du Centre international de coopération européenne et africaine de Tanger, soulignera que «cette instance internationale est devant de nouveaux défis, acteurs et concepts qui font l'unanimité autour d'une lecture nouvelle de la sécurité collective».Cette idée selon laquelle l'agression d'un pays contre un autre équivaut à une agression contre tous les pays, ces derniers ayant pour devoir de s'opposer à cette agression pour maintenir la stabilité et la paix, si besoin est en recourant à la guerre, nécessite pour l'oratrice la mise en place d'un contrepoids assurant l'équilibre géopolitique international.Un équilibre impossible, ajoute-t-elle «si la composition actuelle du Conseil de sécurité ne change pas et continue de faire fi des changements dramatiques, politiques et économiques, intervenus dans la communauté internationale pendant les 72 dernières années». C'est dans ce sens qu'abondera également le Pr Nasreddine Lakhdari, enseignant à l'université de Ouargla et président du conseil scientifique du séminaire, qui a souligné que «l'ONU doit impérativement améliorer sa représentativité, sa transparence et son efficacité».Ce chercheur estime que la mise en ?uvre du système de sécurité collective mettra les forces armées à l'échelon mondial dans une situation confortable et permettra à beaucoup de pays de faire l'économie de budgets faramineux de l'armement. Réagir face aux crises et aux conflits actuels, prévoir un plus grand nombre de membres permanents et non permanents et renforcer les mécanismes de décision, tels sont les enjeux actuels de l'ONU, affirme Lakhdari.Rôle de l'Armée nationale populaireLe premier atelier scientifique a également comporté une conférence du professeur Omar Farhati, expert en relations internationales et recteur de l'université d'El Oued, qui a mis au jour la place de l'Armée nationale populaire (ANP) dans les Constitutions algériennes.Le conférencier, qui a survolé les différentes évolutions de la position et du rôle de l'armée algérienne, «dont le rôle avéré dans la sphère politique et sécuritaire est prépondérant et constant», ajoutant que les enjeux sécuritaires dans la zone sahélo saharienne confèrent à l'armée algérienne la triple mission de combattre le terrorisme dans un contexte géopolitique très tendu, après l'effondrement du régime libyen et l'intervention française au nord du Mali, avec l'émergence d'organisations terroristes usant de moyens technologiques de pointe et mobilisant des richesses colossales avec l'argent des rançons et des filières de contrebande.Le second enjeu consiste en la migration, clandestine, selon l'orateur, qui souligne l'intensification de la contrebande dans les zones frontalières et la lutte contre les réseaux du crime transnational opérant dans la région et facilitant le trafic d'armes et de drogue.Il est à souligner que cette rencontre scientifique, inaugurée hier, se poursuivra aujourd'hui, avec une centaine d'interventions spécialisées dans différentes thématiques, telles que «La sécurité et la défense globales», «Le Maghreb : menaces nouvelles et problématique de la coopération en matière de sécurité et de renseignement», «L'institution sécuritaire comme partenaire économique et social», «Les politiques de défense et les menaces transfrontalières».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Houria Alioua
Source : www.elwatan.com