Comme il fallait s'y attendre,
les importantes hausses du prix du sucre constatées depuis le début de l'année
ont eu des répercussions directes sur ceux de certains produits, comme c'est le
cas des boissons gazeuses et des pâtisseries.
Récemment passé à 90 DA le kilo, le sucre a, en quelques jours, pris 10,
voire 20 dinars supplémentaires. On le retrouve donc à 100 et 110 DA le kilo.
Le sac de 50 kilos, au prix de gros, est passé en deux jours de 4.000 à 4.200
DA. Et ce n'est pas encore fini, semble-t-il, la crise ne fait que commencer,
s'accordent à dire les commerçants avertis.
Chez les limonadiers et plus
particulièrement les représentants de marques internationales, la hausse d'un
des produits de base, qui n'a pas encore dit son dernier mot, vu que les cours
mondiaux sont toujours en folie, il n'est plus question de rester passif et,
par conséquent, la revue à la hausse des tarifs de leur gamme s'impose
d'elle-même. Depuis la fin de la semaine dernière, la bouteille de deux litres
d'une des marques célèbres de limonade est passée de 70 à 90 DA. Selon des
grossistes basés à Oran, le prix d'usine pour cette dernière a été de l'ordre
de 10 DA, alors que pour d'autre marques, l'augmentation se situerait à environ
5 DA le litre pour les produits conditionnés sous PET. Même les produits mis en
bouteille de verre d'une contenance d'un litre ont également augmenté de 5 DA
et le litre est passé de 45 à 50 DA. Idem pour la canette de 50 cl qui est
commercialisée désormais aussi bien dans les magasins d'alimentation que dans
les cafés à 50 DA, alors qu'à la fin de l'année écoulée, elle était cédée à
raison de 40 DA. Pour les bouteilles de petite contenance distribuées notamment
dans les cafés, la hausse a été arrondie à 5 DA. Un limonadier traditionnel à
Oran continue de vendre son produit à raison de 15 DA le litre, alors que
d'autres de même gabarit ont été contraints de le porter à 20 DA sur le marché
de détail. «Contrairement aux gros producteurs, notre part de marché est
minime, et si on augmente même de 5 DA notre produit, la demande baissera
sensiblement. Par conséquent, nous sommes dans l'obligation de réduire notre
marge bénéficiaire pour préserver notre activité. Mais si la tendance à la
hausse perdure, nous serons amenés à réajuster le prix en fonction de celui des
autres concurrents, ou bien carrément de mettre la clef sous le paillasson».
Ce sont les termes d'un
responsable commercial d'un petit producteur, qui précise toutefois que la
question des prix ne peut être tributaire de la seule augmentation des prix du
sucre, mais relève de plusieurs paramètres tels que celui du relèvement du
SNMG, qui a nécessité des sacrifices supplémentaires pour faire face à la masse
salariale. Cette augmentation d'un intrant de base nous permettra de revoir la
hausse de nos tarifs, a-t-il conclu.
Cette thèse demeure plausible,
étant donné qu'une éventuelle décroissance des prix du sucre est à écarter, du
moins à court terme, pour la simple raison que les prix du sucre devraient
connaître une hausse continue sur le marché mondial en raison d'une
insuffisance des stocks mondiaux qui ne suffiront pas à compenser une deuxième
année successive de déficit, telle que celle relevée par les experts qui
avancent que le déficit mondial devrait atteindre 13,5 millions de tonnes,
après une saison 2008/2009 marquée par un manque de 15,8 millions de tonnes.
Mais en plus de l'augmentation
des prix d'un produit qui est entré dans les habitudes de consommation de la
majorité des familles, le risque de recours à d'autres produits sucrants, mais
moins coûteux, peut refaire surface. En effet, estiment les professionnels du
secteur, le recours à certains intrants peut avoir lieu afin de réduire les
coûts à la production par la compensation à l'aide d'édulcorants dont le
pouvoir sucrant est souvent 1.000 fois plus élevé que le saccharose, la matière
noble par excellence et issue du sucre. Citons l'aspartame et l'acésulfame ; le
premier est un édulcorant de synthèse avec un pouvoir sucrant de près 200 fois
celui du saccharose, alors que le second, comme la saccharine, se caractérise
par un arrière-goût de légère amertume, spécialement à haute concentration.
Quant aux pâtissiers, plusieurs d'entre eux songent à augmenter les prix de 5
DA et 50 à 100 DA pour les tartes. Ils argumentent que l'augmentation du prix
de sucre, qui a certainement atteint un point de non-retour, leur a donné
l'occasion de soigner leurs recettes vu qu'ils ne l'ont pas fait suite à
l'augmentation des prix d'autres intrants tels la margarine, dont le prix a
flambé vers la fin de l'année écoulée.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Salah C
Source : www.lequotidien-oran.com