Plusieurs maisons du quartier d'El-Hamri sont inhabitables dans des
conditions normales, pour les énormes risques d'effondrement qu'elles
présentent sur les occupants. Une virée à travers les ruelles de ce quartier
vous renseigne sur l'état de dégradation avancé des constructions et rares sont
celles qui présentent un visage reluisant. Mais, à certains endroits, comme
c'est le cas du 43, Rue Er-Rouaz, si la façade donne l'impression d'une maison
de maître relativement bien entretenue, l'arrière, accessible par une étroite
impasse vous donne une idée précise sur l'état d'abandon de la construction.
Ici, dans des baraques de fortune, dont la superficie de chacune d'elles ne
dépasse guère les 12 m², s'entassent des familles nombreuses et les 3 chambres
sont occupées par près de 25 personnes. En plus de l'étroitesse des lieux, se
pose le problème de l'étanchéité et du manque d'aération et de la vétusté du
réseau d'assainissement et des odeurs nauséabondes. Les conditions sanitaires
ne peuvent être qu'alarmantes dans ces habitations et ce ne sont pas les
praticiens du centre de santé du quartier, qui a été remarquablement retapé à
neuf, qui vous diront le contraire, vu que quotidiennement ils reçoivent des
cas de pathologie dont l'origine ne peut s'expliquer en dehors des conditions
de vie générale.
Les exemples sont multiples et dans chaque rue on peut compter deux ou
trois cas similaires. Et ce qui est le plus alarmant, selon les habitants du
quartier, c'est le fait que la situation se dégrade de jour en jour et ce ne
sont nullement quelques opérations de rafistolage qui peuvent régler le
problème. En revanche, c'est l'absence d'interlocuteurs pouvant représenter le
propriétaire qui est à l'origine de ce laisser-aller total. En effet, dans un
quartier où le statut juridique des propriétés est majoritairement privé et
dont les biens sont depuis le décès des propriétaires initiaux en indivision,
personne ne daigne prendre ses responsabilités pour des travaux de
consolidation. En plus, contrairement à des quartiers identiques et qui ont été
construits par la puissance coloniale pour contenir les populations autochtones
comme c'est le cas de Ville Nouvelle, à El-Hamri les prix du foncier demeurent
encore dérisoires relativement à Mdina J'dida, où le prix du mètre carré
atteint des prix inimaginables du fait de la vocation commerciale du quartier.
El-Hamri est, quant à lui, resté en marge de cette dynamique qui fait de lui
l'un des sites d'habitations qui drainent le moins de promoteurs. Néanmoins,
une enveloppe conséquente, 100 milliards de centimes, a été dégagée
dernièrement pour retaper ce qui peut l'être encore dans ce vieux quartier.
Cependant, beaucoup attendent un relogement.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Salah C
Source : www.lequotidien-oran.com