Le siège de la rédaction du « Le Quotidien d'Oran » a été pris d'assaut,
dimanche en fin d'après-midi, par une trentaine de mères de familles, toutes en
provenance du quartier populaire et populeux d'El-Hamri, chose qui arrive
souvent ces derniers temps.
Elles étaient venues au journal pour exposer, une fois de plus, leurs
difficiles conditions de logements. Elles étaient au paroxysme de la colère,
d'autant, disent-elles, qu'elles n'ont vu rien venir de la part des
responsables locaux, à l'exception du passage répété de quelques agents relevant
du secteur urbain pour faire le constat. « Nous ne voulons plus de constat, ce
n'est finalement qu'une diversion, alors que nous risquons d'être ensevelis
sous les décombres de nos habitations menaçant ruine », a tenu a expliquer une
femme, la quarantaine, demeurant à la rue Er-Rouaz. Et d'ajouter que son mari a
déposé plusieurs dossiers pour bénéficier d'un logement social, mais en vain.
Une autre, une native du quartier, visiblement à la limite de ses peines,
lancera : « qu'on cesse de nous prendre pour une balle de ping-pong entre la
wilaya et le secteur urbain. L'une comme l'autre, l'administration nous fait
savoir que le relogement n'est pas de son ressort. Alors, qu'on nous explique
une fois pour toutes à quelle porte frapper et a-t-on le droit à un logement
décent ou pas » ? Notre interlocutrice a rappelé dans la foulée les promesses
du ministre de la Solidarité nationale qui s'est rendu dans le quartier en
novembre 2007, à l'issue de l'effondrement d'une vieille bâtisse de la Rue de
Castille et qui a causé le décès d'une vieille femme et de ses filles.
Ce jour-là, Djamel Ould Abbès a déclaré que plusieurs logements seront
affectés aux familles mal-logées d'El-Hamri.
Une autre demeurant à la Rue Haroun Rachid avance que « la presse demeure
le seul canal d'expression pour faire entendre la voix de tous ceux et celles
qui sont méprisés au niveau des institutions, pourtant sensées être à l'écoute
des citoyens ». « J'ai enseigné l'Anglais » répètera à qui veut l'entendre, une
autre habitante d'El-Hamri, comme quoi même les gens cultivés, d'un certain
niveau, ne sont pas bien logés et attendent qu'on se penche sur leur cas.
Vivant dans des conditions exécrables, malgré son niveau, elle n'a pas les
moyens de sortir de cette situation, sauf d'attendre. Une autre habitante de la
Rue des Amandiers, divers documents officiels prouvant le risque de péril,
abonde dans le même sens pour dire que « les nombreuses familles du quartier
sont complètement désorientées en raison du manque d'informations concernant la
réhabilitation de leurs habitations. Les avis sont partagés et si certains
avancent qu'El-Hamri bénéficiera de cette opération, d'autres par contre
affirment le contraire du fait que l'Etat ne peut réhabiliter des biens privés
». « S'agit-il d'une simple diversion ? », s'interroge une autre femme
demeurant à la Rue Bougandoura. En fait, elle estime que cette idée a circulé
juste pour amener les nombreux riverains qui ont dressé des tentes à travers
les différentes artères du quartier à réintégrer leurs logements. Toutes
étaient unanimes pour dire qu'ils ont été leurrées et que toutes les promesses
n'étaient finalement que des paroles en l'air.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Salah C
Source : www.lequotidien-oran.com