Oran - Revue de Presse

Vieil Oran



Visages rayonnants et façades lugubres Sidi El-Houari continue de traîner d’innombrables tares. Ainsi, à la jovialité légendaire de ses habitants s’oppose, comme pour en annihiler les effets, la laideur des façades de ce que l’on pourrait appeler le vieil Oran, la partie de la ville héritée de l’ère coloniale. Face à un tel paradoxe, de plus en plus de visiteurs de la deuxième capitale du pays en arrivent à conclure que si les visages de ses enfants sont rayonnants, ses façades sont lugubres et bien souvent d’une laideur repoussante. Pour les gens qui arrivent à Oran par train et aussitôt sortis de sa belle gare, un joyau architectural, ce sont les façades lépreuses de l’avenue Mohamed Boudiaf, anciennement appelée avenue de Mostaganem, qui les agressent. Pour les hôtes qui y arrivent par voie maritime et aussitôt la magnifique baie derrière eux, c’est la stupeur et le haut-le-cœur lorsqu’ils se retrouvent face aux immenses façades rongées par l’humidité et comme travaillées par une tumeur maligne devant laquelle tous les remèdes se seraient avérés sont effets. Enfin, pour les visiteurs qui nous viennent du ciel, c’est le même désappointement et la même désillusion. En effet, aussitôt qu’ils quittent la belle autoroute c’est à un défilé de façades directement sorties d’un autre âge qu’ils ont droit. Pour ceux qui en douteraient, une tournée du côté du lycée Ibn Badis, à quelques pas de l’imposant Musée national Ahmed Zabana, du lycée El-Hayat, du boulevard Benzerdjeb, du boulevard Maâta Mohamed El-Habib, de la rue Baghdadi Mohamed, de la rue des Aurès, du boulevard Benahmed Houari, de la mouhafadha FLN, des immeubles coloniaux du boulevard Emir Abdelkader, des bâtiments entourant la Place du 1er Novembre -ancienne place d’Armes-, de la cité Colonel Amirouche, de l’ancien quartier israélite Derb, du vieux Gambetta, de Sidi El-Houari, d’Eckmühl, pour ne citer que ces lieux, s’impose. Dans le vieil Oran et exception faite de quelques immeubles qui ont résisté avec bonheur à la prédation, au poids des ans et à la démission de leurs occupants, la plupart des constructions réalisées du temps de l’occupation française ne sont pas entretenues ou le sont d’une façon irrégulière et qui laisse beaucoup à désirer. La disparition des concierges et syndics, des fonctions vitales mais que nos compatriotes ont dévalorisées et qu’ils considèrent comme dégradantes, ont porté un coup fatal à ce riche patrimoine que les dizaines de milliers de constructions verticales ne pourront jamais faire oublier. La ville d’Oran ayant depuis longtemps explosé, l’activité économique et commerciale s’est déplacée vers les quartiers anciennement réputés résidentiels ou dans les nouvelles citées verticales de sa périphérie est. Les études, colloques, séminaires et appels au civisme des citoyens n’ayant apparemment servi à rien, la ville poursuit son inexorable descente aux enfers. Devant cette décadence effrénée, la cupidité des uns, l’incompétence des autres et l’inconscience des Oranais font le reste. Ce reste s’est encore brutalement manifesté au grand jour et pas plus tard qu’il y a deux jours, du côté de la place Garguentah et du majestueux Palais de la Culture et des Arts. Ceci est aussi bien un cri de détresse q’un appel au secours. Sera-t-il entendu et produira-t-il l’effet escompté? M. Nemili
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