Oran - Revue de Presse

Victoire diplomatique pour Evo Morales



A l'issue du sommet de l'Union des nations sud-américaines (UNASUR)qui s'est achevé lundi dernier à Santiago du Chili, les pays du cône sud ducontinent américain ont apporté un soutien clair au président Morales.L'UNASUR, créée en mai 2008, est une organisationqui regroupe les douze pays du sud du continent et a pour vocation laprévention et le règlement des conflits régionaux en évitant l'Organisation desEtats américains (OEA), arène traditionnelle et paravent habituel del'immixtion des Etats-Unis, le trop puissant voisin du nord.

Les présidents sud-américains ont exprimé un soutien sansambiguïté au président Evo Morales, qui, rappellent-ils,«a vu son mandat confirmé à une ample majorité». En dépit de relations trèsdiverses et d'analyses parfois divergentes, les chefs d'Etat latino-américainsdu continent appuient la Bolivie qui défend son unité nationale et son intégritéterritoriale face à des manoeuvres de déstabilisation et de sécession menéespar l'oligarchie traditionnelle appuyée par les Etats-Unis.

L'UNASUR dénie par avance toute légitimité à un éventuel«coup d'Etat civil» et a décidé l'envoi en Bolivie d'une commission d'expertsqui doit soutenir les travaux d'une table ronde sous l'autorité du gouvernementde La Paz.

Les relations très détériorées de la Bolivie, du Venezuela - et,dans une moindre mesure, de l'Argentine de la présidente Kirchner - avecWashington ont été au centre des discussions dans la capitale chilienne. L'absencede toute mention des Etats-Unis dans la déclaration de La Moneda- siège de la présidence chilienne où est mort le président Allende - traduitla volonté du Brésil et du Chili notamment de maintenir un dialogue commun avecWashington.

Les Sud-Américains, qui nepartagent pas tous les analyses très tranchées du président Chavez surl'implication des Etats-Unis dans les crises politiques que traversent la Bolivie et l'Argentine, considèrentque le voisin du nord est un interlocuteur inévitable en raison de ses intérêtsdans la région. Et ceci n'est guère mentionné publiquement, surtout par sacapacité de nuisance. Cette position est renforcée par la proximité deséchéances électorales américaines. Compte tenu de la fin très prochaine du mandatde George Bush, les chefs d'Etat sud-américains ontestimé qu'il n'était guère utile d'enclencher une crise avec une administrationdestinée à passer la main dans les mois à venir.

Il reste que le soutien exprimé par l'UNASURest une condamnation en bonne et due forme des menées subversives visant à lasécession des provinces gazières de la Bolivie. La position du Brésil, qui importe deBolivie la moitié de sa consommation de gaz naturel, a été particulièrementappréciée par le président Morales.

En effet, les gouverneurs sécessionnistes ont tenté desrapprochements avec le géant sud-américain et se targuaient même d'une certaineproximité avec le président Lula. Le désaveu cinglant qui leur a été infligé àSantiago du Chili devrait calmer les ardeurs séparatistes de l'oligarchied'origine européenne, qui continue de considérer avec mépris la populationindienne dont le président Morales est issu.

Le sommet de Santiago, loin de toute diatribe anti-américaineet de tout discours idéologique, est une phase importante de l'unité politiquede l'Amérique latine face aux Etats-Unis. En ce sens, la victoire diplomatiquede la Bolivieest celle de tous les peuples sud-américains.


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