La crise financière qui secoue les Etats-Unis, et par effetd'entraînement la plupart desprincipales puissances économiques de la planète, contraint les deux candidatsdans la course à la Maison-Blanche à réviser la priorité des arguments électorauxqu'ils vont développer durant leur campagne.
Jusque-là le républicain John McCainet son adversaire démocrate Barack Obama se sont évertués à apparaître comme étant chacunmieux préparé que l'autre à être «le commandant en chef» dont l'Amérique abesoin, confrontée qu'elle est à des défis internationaux dans lesquels sasuprématie mondiale et sa sécurité nationale sont en jeu.
L'extension et l'aggravation de la crise financière lesobligent dorénavant à remiser au second plan les questions relevant de lapolitique internationale et à axer leurs interventions électorales sur cettecrise financière que subit le pays et les solutions qu'ils comptent employerpour y mettre fin s'ils sont élus à la Maison-Blanche. Lesdeux candidats se sont déjà exprimés sur cette crise. Le républicain McCain pour estimer qu'elle a un prix énorme sur l'économieet promettre que s'il est élu président, «il fera en sorte de rebâtir laconfiance pour que les Etats-Unis demeurent le marché prééminent dans le monde».Il a plaidé pour cela en faveur «de réformes majeures à Washington et Wall Street».
Le démocrate Obama a, quant à lui,qualifié la crise bancaire de «menace majeure» pour l'économie américaine et decrise la plus grave depuis la grande dépression de 1929. Il a surtout misl'accent sur ses «bouleversements qui ont un impact négatif sur la capacité del'économie américaine à créer des emplois bien rémunérés, à aider lesAméricains qui travaillent à payer leurs factures, économiser pour leur aveniret payer leurs emprunts».
A priori le climat d'inquiétude, voire de panique quesuscite cette crise financière dans l'opinion américaine joue en faveur ducandidat démocrate dont le parti a combattu la politique économique ultra-libéralequi a eu les faveurs des républicains et se traduit aujourd'hui par latourmente dans laquelle est plongé le système bancaire internationalet va avoir de graves répercussions sur l'économie américaine.
Faut-il pourtant qu'Obama, qui seprésente en candidat du «changement», ne se limite pas à promettre les seulesmesures sociales dont son camp démocrate défend la nécessité. Dans ce registre,il lui faudra aussi convaincre qu'il est le «bon manager économique» dontl'Amérique en crise a besoin.
McCain risque de prime abord d'être «plombé» dans l'électorat descouches moyennes et populaires américaines. Il lui sera en effet difficile dese démarquer, sans heurter les convictions d'une partie de l'électoratrépublicain des fondamentaux de la politique économique ultra-libéraleappliquée par George W. Bush avec le résultat final que l'on sait. Obama peut sans surprendre promettre «plus d'Etat» dans lasphère financière dans le sens d'une meilleure régulation des marchés et leurplus grande transparence. Ce que d'ailleurs le experts et analystes sont deplus en plus nombreux à présenter comme étant la solution à cette crise. Amoins d'un revirement à 180 degrés, McCain s'entiendra à dire, comme l'a fait George W. Bush, qu'il «est confiant dans lafaculté des marchés à faire face à la crise et à ses développements». Ce quireviendrait à dire que l'Etat américain doit laisser faire et tant pis pour lacasse sociale et humaine engendrée.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com