Aprèsétude du rapport sur le dossier sahraoui que lui a présenté le secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki Moon, le Conseil de sécurité a voté, mercredi, uneénième résolution sur la question. Comme les précédentes, celle de mercrediinvite les deux parties concernées dans le conflit sahraoui à poursuivre leursnégociations entamées sous l'égide des Nations Unies en rappelant qu'ellesdoivent l'être sans que ne soient posées de conditions préalables à leurcontenu. La nouveauté de la dernière résolution est qu'elle appelle ces partiesà faire preuve de «réalisme». Cette invite du Conseil de sécurité n'aurait pasprêté à interrogation si l'envoyé personnel de Ban KiMoon, pour le Sahara Occidental, n'avait pas usé du même terme lors de sonintervention controversée devant les membres du Conseil de sécurité, mais pourstigmatiser la seule position du Polisario auquel il a demandé «de devenirréaliste» en renonçant au principe d'indépendance dupeuple sahraoui. Les amis du peuple sahraoui ont de quoi s'inquiéter que leConseil de sécurité ait repris ce terme dans sa résolution. D'autant plus, qu'aprèsl'adoption de cette résolution, aussi bien le représentant de la France au Conseil desécurité que celui des Etats-Unis ont fait savoir que, pour leur pays, «leréalisme» dans le dossier sahraoui serait justement que le Polisario accepte, commebase des négociations engagée, le projet d'autonomie interne présenté par leMaroc. La résolution du Conseil de sécurité est ambigüeet donc peu propice à convaincre les deux parties en conflit à renoncer à leurspositions actuelles respectives. Pour preuve, chacune s'est déclarée satisfaitede son contenu. Le Polisario parce qu'il ne retient que l'invite qu'elle réitère,de négociations sans conditions préalables, et le Maroc que l'appel qu'ellefait «au réalisme». Terme que Rabat considère qu'il a été adressé, avant tout, auxSahraouis car le Conseil de sécurité aurait été sensible à la vision développéedevant lui par Peter Wan-Walsum. En renonçant àprendre clairement position sur le dossier sahraoui, le Conseil de sécurités'est empêtré dans un «compromis boiteux» qui ne hâtera en rien la solution duconflit du Sahara Occidental. Cela, en créant la condition qui pourraitempêcher la reprise du cinquième round des négociations entre Marocains etSahraouis. Ceux-ci seraient en effet en droit de récuser, d'entrée, lapoursuite de la médiation du représentant personnel du secrétaire général del'ONU dont ils savent maintenant quel sens et quelle fin il attribue au mot«réalisme» dans ce dossier. Notre pays, dont son ministère des Affairesétrangères a, lui aussi, fait «part de la satisfaction» que lui procure larésolution du Conseil de sécurité, a assorti son «satisfecit» de la réitérationdu principe à la base de sa position concernant le conflit du Sahara Occidental,à savoir le droit inaliénable pour le peuple sahraoui à exercer son droit àl'autodétermination sous le contrôle des Nations Unies.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com