Oran - Revue de Presse

Une privatisation ratée : L'Etat reprend le Grand Hôtel



La cession de l'un des hôtels emblématiques de la ville d'Oran, le Grand Hôtel, n'a pas abouti, selon les propos de plusieurs agents, qui ont organisé hier un sit-in devant l'établissement, afin d'exiger de leur tutelle des clarifications au moment où ils n'ont pas perçu leurs salaires depuis 7 mois, c'est-à-dire à l'issue de la cessation d'activité décidée par l'ex propriétaire des lieux.

Cette reprise de l'Etat, qui survient plus de 5 ans après sa cession, a été confirmée le 20 janvier dernier lorsqu'une commission de la direction générale de Gestour qui a procédé à un inventaire de l'établissement, ainsi que les passations de consignes, apprend-on chez le personnel. Selon certaines indiscrétions, le projet de cession a échoué en raison de certains points demeurés obscurs tel que la nature de la transaction. Le nouvel acquéreur aurait refusé le fait que la cession ne concernait que le fonds de commerce alors que l'assiette restera propriété de l'Etat. En somme, c'est cette confusion qui a été à l'origine du non versement des indemnités accordées lors de la cession au personnel et estimée à 10% du montant de la cession, à savoir 50 milliards de centimes, étant donné que les personnels d'autres hôtels, l'un à Alger et l'autre à Skikda, ont été régularisés depuis plus de 2 ans. L'option de la reprise par Gestour du Grand Hôtel nous a été également confirmée par M. Lasri, directeur de l'entreprise EGTO, dont le siège est à Béchar. Ce dernier a précisé que même si cette alternative est retenue, la procédure est en cours et prendra le temps nécessaire avant la signature officielle avec l'ancien acquéreur qui s'est désisté. Interrogé sur le sort du personnel, le même responsable a indiqué que, pour le moment, rien n'a encore été décidé pour son éventuelle réintégration et cette question sera abordée après l'officialisation de la reprise, d'autant que l'activité initiale sera maintenue. Cela permettra le retour de Gestour dans la seconde ville du pays où le secteur hôtelier est devenu le monopole du secteur privé. Par ailleurs, ce qui inquiète grandement le personnel, demeure l'état de dégradation avancé de l'édifice dont l'entrée principale, jadis fleurie, est devenue un véritable dépotoir et squatté par un SDF. Les agents affirment qu'à l'intérieur, les canalisations d'eau fuient de partout et pourraient à la longue fragiliser la structure et tous ces dommages coûteraient cher à l'Etat pour remettre l'établissement en service d'autant que sa situation en plein centre-ville est un atout non négligeable.


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