Le premier secrétaire du FFS, Karim Tabbou, a, sur sademande, été reçu hier par Abdelaziz Belkhadem. La rencontre s'est déroulée auPalais du gouvernement. La précision du lieu telle que faite dans le communiquépar lequel cette rencontre a été rendue publique vaut indication que le premiersecrétaire du FFS a adressé sa demande à Belkhadem en sa qualité de chef del'exécutif gouvernemental et non de secrétaire général du FLN. Il n'y a doncpas lieu d'inscrire la rencontre des deux hommes dans un cadre partisan etsurtout de conclure à des tractations électoralistes entre leurs deuxformations. Cela étant, l'initiative de Karim Tabbou et la suite quelui a réservée le chef du gouvernement constituent, à notre sens, une nouveautépositive dans les moeurs politiques en vigueur. C'est en effet la premièrefois, à notre connaissance, qu'un responsable de parti de l'opposition demandeà être reçu par le chef de l'exécutif gouvernemental et que celui-ci accepteaussitôt de le rencontrer. L'évènement est d'autant plus singulier qu'il a pourprotagoniste le premier secrétaire d'une formation qui a fait du refus de toutcontact avec le pouvoir en place et ses représentants, l'une des valeurscardinales de son comportement politique. Il faut par conséquent accorder à Karim Tabbou d'avoir euune pressante et grave raison pour déroger à ce principe du refus. C'est celle,nous semble-t-il, que la direction du FFS s'est convaincue que sa formationfait l'objet d'une manoeuvre de la part de l'administration visant à réduire aumaximum sa participation à la compétition électorale des locales. Dès l'entamede l'opération de confection des listes électorales, la dénonciation et lesprotestations se sont en effet multipliées en provenance du FFS, faisant étatd'entraves bureaucratiques auxquelles aurait été confronté le parti. Il y aquelques jours, la direction du parti a fait savoir que l'administration auraitcarrément refusé de prendre en compte les listes électorales du FFS danscertaines wilayas du pays, y voyant là son intention d'empêcher cette formationde faire la démonstration de son ancrage national. Karim Tabbou avait en la circonstance déclaré que«l'administration use de tous les subterfuges afin de nous mettre les bâtonsdans les roues, comme si elle voulait nous empêcher de participer auxélections. Mais on ne courbera jamais l'échine. On continuera à travaillercontre vents et marées parce que nous sommes légalistes». Et c'est certainement cette logique légaliste que lepremier secrétaire du FFS a voulu suivre en demandant à rencontrer le chef dugouvernement, qui a en principe toute autorité sur cette administration qu'ilpointe du doigt. Homme affable et policé, Abdelaziz Belkhadem a trèscertainement reçu avec courtoisie le représentant du FFS. Il est moins sûrqu'il donne une suite aux doléances qu'il lui a soumises. Et cela pour laraison que les calculs politiques et électoraux auxquels l'administrationprépare le terrain se décident dans des sphères sur lesquelles, chef dugouvernement ou pas, Belkhadem n'a qu'une autorité symbolique. En faisant sa démarche, Karim Tabbou aura néanmoinsdémontré que son parti n'est pas le «boutefeu» tel que le présentent le pouvoiret ses autres adversaires politiques. C'est aussi façon d'anticiper sur desrésultats électoraux du parti qui pourraient se révéler en deçà des ambitionsaffichées par le FFS en imputant d'ores et déjà leur éventualité aux«manigances» de l'administration qu'il s'est chargé de dénoncer auprès du chefdu gouvernement.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com