Qu'il ait poursuivi ou pas des études, c'est du kif-kif. L'angoissel'envahit insidieusement, au fil des mois qui passent.Notre époque nous a éduqués dans le mythe de l'ascension sociale, dessignes extérieurs de la réussite. Elle nous laisse tout nus devant les reversde la fortune, quand vient le temps des premiers échecs, des lettres decandidature sans réponse, ou alors, style circulaire à mille exemplaires, desespoirs déçus, de l'attente, des stages de formation qui ne servent à rien,dans des centres de formation professionnelle gérés par les discours et lesstatistiques. Il faut se reconvertir, repartirde zéro ! Facile à dire. « Il est parti de zéro pour arriver à rien », disaitl'autre. Soudain, l'âge vous tombe dessus sans crier gare. Trop jeune ou tropvieux, selon les cas. Trop jeune: pas d'expérience. «Allah Ghaleb, il nous fautdes gens expérimentés». Trop vieux: «Allah Ghaleb, il y a des jeunes qui sontprioritaires». A 45-50 ans, on se prend pour untype en pleine forme, bourré d'ambition, des projets plein la tête. Lelendemain, on est un chômeur entre deux âges pas facile à caser. Trop cher,trop compétent. Vous parlez d'une excuse ! C'est le moment où l'on se met àéviter le regard de ses enfants, celui de sa femme, de ses amis qu'on fréquentemoins, où l'on a honte de rester à la maison. Plus le courage de faire semblantdevant les autres. Ces autres atomisés dans le chacun pour soi. Le savoir-faireest une valeur en baisse. Il a laissé la place à «d'où tu es», «oueld chkoun»,«de quelle tribu». Le chômeur se demande s'il n'est pas une victime de lagéographie et de l'arbre généalogique. Dans la voiture-balai deslaissés-pour-compte, le regard vide, tout le monde se ressemble.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : El-Guellil
Source : www.lequotidien-oran.com