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Un championnat national en mal de formation Seul un joueur local a été titulaire face au Bénin



Un championnat national en mal de formation Seul un joueur local a été titulaire face au Bénin
Photo : M. Hacène
Par Abdelghani Aïchoun
A chaque fois que la sélection nationale de football dispute un match, ne serait-ce qu'amical, le débat autour de la formation sportive en Algérie refait surface. Mardi dernier, à l'occasion de la rencontre comptant pour la troisième journée du second tour des éliminatoires du Mondial- 2014, opposant les Verts au Bénin, et qui s'est terminé sur la victoire des camarades de Feghouli sur le score de trois buts à un, seul un joueur évoluant dans le championnat national a fait son entrée en tant que titulaire. Il s'agit, bien évidemment du défenseur de la JS Kabylie, Essaid Belkalem. Celui-ci s'était imposé, au cours des matchs, comme joueur incontournable dans le compartiment défensif. Quelques un des autres joueurs locaux convoqués ont été incorporés en seconde période, à l'image de Koudri, incorporé à la 70e minute, Slimani (75e) et finalement Djabou, durant le temps additionnel. A noter que l'attaquant du CRB, Slimani, a l'habitude de jouer en tant que titulaire. De l'autre côté, quoi qu'il évolue actuellement au Portugal, Soudani est un pur produit du championnat national. Pour dire qu'ils ne sont pas nombreux les joueurs locaux qui ont réussi à s'imposer en sélection en tant que titulaires. Même si, quelques fois, il y a des polémiques quant à la nécessité d'incorporer certains d'entres eux ' on peut citer à ce propos le cas du gardien Mbolhi, auteur de prestations à peines moyennes ces derniers temps et qui risque de perdre sa place au profit d'un gardien du championnat national ' il n'en demeure pas moins que les joueurs locaux montrent, généralement, des lacunes criardes, en matière de culture tactique et de forme physique, qui font qu'ils ne pourront pas évoluer dans le haut niveau. La Coupe d'Afrique des Nations (CAN) des moins de 20 ans, dont la finale a eu lieu hier à Oran, et durant lequel les Verts juniors se sont fait éliminés dès le premier tour, est une preuve supplémentaire que rien ne vas au niveau de nos catégories jeunes. Même si le sélectionneur Jean Marc Nobilo assume une grande responsabilité dans cette mauvaise performance, il est clair qu'il est assez difficile de constituer une équipe junior algérienne compétitive. Dimanche dernier, à l'occasion d'une conférence de presse qu'il a animé au Centre de presse du journal «El Moudjahid», le ministre de la Jeunesse et des Sports, Mohamed Tahmi, a indiqué que les résultats de l'équipe algérienne des moins de 20 ans n'étaient nullement une surprise. «Le jour où on aura un championnat junior sérieux, on peut s'attendre à de bons résultats»,
a-t-il déclaré. En effet, il est évident aujourd'hui, qu'au-delà des lacunes qui se situeraient au niveau de la Direction technique nationale (DTN) et du staff de la sélection, une grande responsabilité incombe aux clubs du championnat national, notamment ceux des Ligues
professionnelles, «Une» et «Deux». Il y a un véritable problème de formation dans le football national. La majorité des dirigeants des équipes animant le championnat national accordent peu d'intérêt à ce volet. Emprisonné dans la logique du «résultat immédiat», ils ont complètement marginalisé les jeunes catégories, souvent, créées juste pour pouvoir répondre aux exigences du cahier des charges y afférentes, sans aucune perspective d'avenir. Un «délaissement» qui a eu des répercussions immédiates sur les «séniors», puisque le niveau du championnat ne cesse, ces dernières années, de se détériorer, au point où même le public est de moins en moins nombreux dans les tribunes. Ceci sans parler des résultats des clubs algériens dans les compétitions internationales. Nos représentants
n'arrivent plus à dépasser les premiers tours que ce soit en Ligue africaine des champions ou en Coupe de la CAF. Atteindre la phase des poules est devenu un objectif des plus difficiles pour eux. Ceci quand ils ne déclarent pas carrément forfait, come se fut le cas pour le CR Belouizdad, l'année dernière, ou la JS Kabylie, une saison auparavant. Pour dire que rien ne vas plus dans le football national. Ce qui n'empêche pas certains dirigeants de défendre la «valeur» du joueur local et la nécessité de puiser les éléments de la sélection du championnat. Bien évidemment, il est sans signaler que certains joueurs arrivent à immerger du lot, à l'image de Slimani ou Belkalem, néanmoins cela reste très marginal. Les meilleurs éléments du championnat arrivent tout juste à décrocher des contrats chez nos voisins, tunisiens notamment. Le joueur local n'est plus ce qu'il était auparavant. Et il est plus qu'évident que la sélection nationale comptera, pendant plusieurs années encore, sur une ossature composée en grande partie de joueurs formés en Europe. Ceci, jusqu'à ce que les clubs algériens arrivent à former des footballeurs de qualité.
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