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U20 : La déroute de trop Le football algérien peine à se régénérer



U20 : La déroute de trop Le football algérien peine à se régénérer
Mardi passé, l'équipe nationale de football s'était imposée face au Bénin (3/1). Une victoire qui est venue chasser les doutes des poulains de Vahid Halilhodzic et ses poulains après une Coupe d'Afrique des Nations que les Fennecs avaient totalement ratée. Un seul point glané en 3 rencontres. Une moisson faible qui avait coûté une élimination précoce pour Sofiane Feghouli et consorts. Nos U20 n'ont pu faire mieux que leurs aînés en se faisant honteusement sortir dès le premier tour de la CAN de la catégorie. Dirigés par Jean Marc Nobilo, les «Petits Verts» ont manqué une occasion historique pour imiter leurs augustes devanciers de 1979 (Coupe du Monde au Japon) et prendre part au prochain mondial que doit abriter la Turquie l'été prochain. Ne profitant ni du fait que l'Algérie ait organisé ce tournoi, ni de la présence et du soutien indéfectible du public nombreux d'Aïn Témouchent qui a longtemps cru en une qualification au carré d'As en se rendant en masse dans l'enceinte où les petits fennecs (ils ont été vraiment petits par le talent) accueillaient leurs adversaires dans une ambiance incroyable pour un tournoi de la catégorie. Pour commencer et en ouverture du tournoi, les camarades de Zineddine Ferhat, seule petite satisfaction de cette compet', annoncent d'emblée et très mal la couleur en se faisant tenir en échec par le Bénin (0/0) avant de tomber face à l'Egypte (0/1) et le Ghana (2/0). Un tout petit point mais surtout pas le moindre but marqué par une sélection passée complètement à côté du tournoi continental sur lequel la Fédération algérienne de football (FAF) comptait beaucoup en mettant la sélection et le driver dans les meilleures conditions qui soient. Une nouvelle déconvenue donc qui vient s'ajouter à celles, innombrables, qui l'ont précédée. C'est, bien sûr, le technicien français, Jean Marc Nobilo, qui sera le premier et logiquement à faire les frais de cette déculotté. Malgré sa réputation de formateur acquise dans l'un des clubs français les plus connus en la matière, le Havre AC, le désormais ex-sélectionneur des U20 a lamentablement échoué dans sa mission et n'a pu mener sa troupe à bon port. Contre vents et marrées d'un football algérien perdu au milieu d'un océan où les vagues de l'insuffisance technique et tactique, voire physique, ont frappé le bateau de J.M Nobilo de tous côtés et faisant en sorte qu'il coule du côté des côtes oranaises. Sur son territoire, le navire a fait naufrage et littéralement coulé face aux frappes égyptiennes et ghanéennes qui ont eu raison d'une formation d'une EN junior très vulnérable et en manque d'imagination malgré, une fois de plus, les renforts enregistrés avec l'arrivée de joueurs algériens évoluant dans les clubs français. Comme Thomas Izerghouf qui n'a non seulement pas apporté le plus attendu de lui mais a eu des mots pas très classe et des gestes obscènes envers la galerie à la fin du match contre les «Black Stars». Le clou d'un spectacle qui ne restera ni dans les esprits, ni dans les annales et que l'histoire de l'Algérie du football endossera longtemps à moins qu'une nouvelle génération dorée ne vienne à émerger et rééditer l'exploit, le fabuleux exploit, de la sélection nationale à avoir signé une présence, sous la houlette de Saâdane, à la messe mondiale de la catégorie en allant au pays du Soleil Levant démontrer l'étendue de leur talent face notamment aux coéquipiers d'un certain Maradona qui connaîtra la trajectoire que l'on sait en entrant dans la légende dès cette édition historique de 79, à une époque où le football algérien assumait bien sa fonction de réservoir en talents dont sortirent les Belloumi, Madjer, Merzekane et tous les grands noms qui ont fait ses beaux jours et crevé l'écran un certain juin 82 face aux géants allemands.

Les U17 et les U23 n'avaient pas fait mieux
Le début de l'année a été donc catastrophique pour le sport roi en Algérie. Entre la déception sud africaine et la déroute d'Aïn Témouchent, il n'en fallait pas plus comme goutte pour faire déborder le vase qui débordera complètement et tirer à nouveau une
sonnette d'alarme qui casse littéralement sous le poids des échecs. Un énième avertissement pour les responsables du football algérien qui se retrouvent face à la dure réalité. Une réalité qui dit que l'Algérie ne forme plus de joueurs, n'avance plus au moment où d'autres nations qui étaient méconnues se font une place dans la hiérarchie du football continental et que d'autres continuent à dicter leur loi dans les différentes catégories. La fin de l'année 2012, qui annoncera d'autres échecs, fut aussi calamiteuse puisque les U17 s'étaient fait scandaleusement et bêtement éliminer par le Botswana. Cette fois, c'était sous la coupe d'un entraîneur algérien qui dirigeait nos minimes. Malik Zorgane et son équipe, composée à 95% de joueurs issus de l'Académie de la FAF, tomberont suite à la série des tirs au but et verront leur rêve de disputer la CAN U17 s'évaporer. Loin de l'incroyable exploit réalisé par cette même catégorie en 2009 à l'occasion d'une édition organisée sur le sol algérien et qui verra la sélection dirigée à l'époque par Athmane Ibrir et Hakim Medane, atteindre la finale (perdue 0/1 face à la Gambie) et disputer à l'occasion le Mondial au Nigeria. Encore une fois, les graves carences du football national vont être révélées par une modeste formation Botswanaise qui a su profiter des limites affichées par notre sélection pour revenir dans son pays avec une qualif' inespérée après avoir été tenue en échec à l'Aller (1/1) par les Algériens avant de refaire son retard à Omar-Hamadi et pousser les mini-Fennecs à la séances des tirs au but. Quelques jours auparavant, début décembre, l'équipe nationale olympique (U23) drivée par Zeddine Aït Djoudi, un entraîneur local également et c'est bon de le souligner, a aussi failli dans sa mission qui était de se qualifier aux Jeux Olympique de Londres. Amir Saâyoud et ses compères ont clôturé leur CAN
marocaine par un revers cinglant (1-4) face au Nigeria. Le constat est là, à rappeler: entraîneur étranger ou algérien, rien n'y fera, les résultats restant les mêmes. Le malaise du football algérien est profond et les «bons» résultats réalisés par l'équipe première ne sont là que pour préserver la face d'une vitrine des moins garnies avec un seul véritable trophée remporté en 1990 sur nos propres terres. 23 ans de disette soit un quart de siècle de bricolage où l'Algérie du foot stagne quand elle ne recule pas. On ne forme plus des Madjer et des Belloumi, sans parler de la qualité de nos talents à l'exporter, nos joueurs ne faisant plus recette ou n'ayant plus la cote ailleurs alors que les Drogba, les Kalou et les Adebayor sont recrutés à coups de millions d'euros et allument le marché européen même s'ils sont de purs produits de l'Afrique. Un continent Noir regorgeant de perles qui fascinent une fois façonnées.

Raouraoua a du pain sur la planche
Plébiscité au mois de mars lors des dernières élections fédérales, le président, Mohamed Raouraou, doit avoir une petite idée sur les prochains grands chantiers qui l'attendent même si le constat ne relève pas du scoop. Une politique de formation à revoir notamment après l'élimination des U17. Une sélection composée en majorité de jeunes issus de l'Académie de cette instance. Une élimination sans gloire et de nombreuses interrogations sur cette sélection d'une rare médiocrité issue de la pompeuse ... «Académie FAF».
Mais aussi la forte dépendance, à ce niveau aussi, aux produits prêts formés à l'étranger. Du «prêt-à-porter» qui met des bâtons dans les roues dans le «processus de formation ». La professionnalisation du football algérien passe d'abord par la restructuration de toutes les catégories et la construction de centres de formation pour inculquer le football à nos jeunes.
Ce jeu devenu, aujourd'hui, un «art» où la tactique, le physique, la récupération et l'hygiène de vie s'apprennent dès le plus jeune âge. La majorité de nos jeunes joueurs jouissent, aime-t-on à redire, d'un potentiel technique indéniable mais voient, pour cause de mauvaise formation, leur progression stoppée net au moment de passer au cap 16-17 ans. Un niveau qu'ils peinent à passer car la transition ne dépend pas seulement des capacités du joueur mais aussi de son environnement et du cadre dans lequel il évolue. Nos
dirigeants doivent prendre compte de tous ces facteurs et surtout tirer les leçons des échecs qui se font nombreux ces dernières années. L'Egypte vient de donner l'exemple en matière de performances, pur produit d'un système de détection et de formation montré en exemple et qui donne ses fruits. Des sélections de jeunes mûres pratiquant un football à la fois moderne et agréable, le même ou presque que celui que produisent leur aînés qui ont été sacrés champion d'Afrique à huit reprises dont trois d'affilée en 2006 -2008-2010. En regardant cette équipe des petits pharaons donner la leçon à Témouchent, la génération de Mohamed Aboutrika n'a pas à s'inquiéter quant à la relève qui semble déjà prête pour reconquérir le continent. Les clubs égyptiens à l'instar d'Al -Ahly et El-Zamalek
(pour ne citer que ces deux là) s'acquittent bien de leurs rôles. En attendant, on désespère de voir nos grands clubs les imiter. Jusqu'à quand le bricolage ' !
Là est la question.
M. T.
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