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Un bellicisme impénitent, un philo-sionisme exacerbé



Un bellicisme impénitent, un philo-sionisme exacerbé
A deux semaines des dépôts des candidatures aux primaires socialistes en vue de l'élection présidentielle de 2012, retour sur l'invraisemblable parcours de Dominique Strauss-Khan, rare exemple de sabordage politique en direct.
De par son comportement et son positionnement, Dominique Strauss-Khan représente non pas la quintessence mais la déliquescence du socialisme. Grand bourgeois d'un quartier huppé de Paris, élu d'une circonscription populeuse de la région parisienne, l'universitaire aura cultivé le paradoxe jusqu'à ses plus ultimes extrémités, jusqu'à son implosion finale. Ténor du parti socialiste, son courant se rangeait parmi le plus libéral de la social-démocratie. Porte-étendard de la laïcité qu'il s'évertuait à faire respecter aux autres, le communautarisme est sa philosophie de vie qu'il pratique au quotidien, tant par le choix de sa circonscription électorale, Sarcelles, que par son inclination politique, son bellicisme impénitent, son philo sionisme exacerbé, sa capacité manipulatrice, son socialisme débridé et son tropisme féminin qui lui vaudra des déboires sur la scène internationale jusqu'à sa carbonisation. Le démarrage de sa précampagne électorale en Porsche a constitué une incontestable faute de goût en même temps qu'une faute politique, le propulsant, plus que tout et mieux que quiconque, comme le symbole honni d'une institution, le FMI, qui signifie pour des millions de travailleurs à travers le monde «fins de mois impossible», comme le parfait représentant d'un parti qui a déserté son socle historique, la classe ouvrière, pour le secteur tertiaire et le mirage de la modernité urbaine et de la citoyenneté citadine, à en juger par les dernières prescriptions de Terra Nova, la tête pensante du socialisme post-industriel. Vivant à Washington, le patron français du Fonds monétaire international a adopté le même coûteux tailleur que Barack Obama et le même coiffeur qu'Hillary Clinton. Mais le fait d'opter pour le même tailleur qu'un président américain ne suffit pas à doter son bénéficiaire de l'étoffe d'un président. Cet adepte de l'Ecole de Chicago, disciple de Milton Friedman, théoricien de l'ultra-libéralisme, présente, en fait, le parfait profil d'un «Balladur de gauche» : même coquetterie, même libéralisme, même goût des ors de la République. Sa thèse est en fait inspirée des travaux de l'économiste néo-libéral Gary Becker, théoricien du «capital humain». Résident estival d'un pays arabe, le Maroc, Dominique Gaston André Strauss-Kahn, de son vrai nom, est l'auteur d'une sentence mémorable sur «la politique arabe de la France» qu'il décrétera comme relevant de la «supercherie», sans se douter que ce jugement passé à la postérité révélera la duplicité de son auteur en ce qu'elle le renvoyait à sa propre image. La filiation est lointaine et ne se dément pas, remontant au grand manitou du socialisme français, Léon Blum, qui invoquera son «trop d'amour» pour son pays «pour désavouer l'expansion de la pensée et de la civilisation française», admettant «le droit et même le devoir des races supérieures d'attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture». Cette profession de foi surprenante est parue dans le journal le Populaire en date du 17 juillet, sans que ce vénérable humaniste, premier chef de gouvernement socialiste de la France moderne, artisan des premières conquêtes sociales sous le gouvernement du Front populaire (1936), ne se doute qu'il subira, à son tour, quinze ans plus tard, les lois de l'infériorité raciale de la part de ses compatriotes non coreligionnaires. «La fameuse politique arabe de la France, c'est une supercherie que le Quai d'Orsay réussit à vendre depuis des décennies à l'ensemble de la classe politique ! Elle nous permet de croire que nous sommes ainsi à l'abri de toute menace terroriste (') cela me paraît tout à fait absurde», affirmera DSK en mai 2007 dans une interview croisée avec Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur de l'époque, à la revue le Meilleur des mondes qui passe pour être un relais des thèses de la Foundation for the Defense of Democracies, porte-voix des néo-conservateurs en France. Pour une personne qui bénéficie de l'hospitalité d'un pays arabe lors de ses vacances estivales, en l'occurrence le Maroc, qui a protégé ses coreligionnaires français des persécutions de Vichy, pour un homme qui a courtisé assidûment le «vote beur» aux dernières élections législatives de juin 2007 en vue de s'épargner une déconvenue électorale, qui a sollicité le vote des grands électeurs arabes, l'Arabie saoudite et l'Egypte, pour sa nomination à la direction du FMI, en un mot pour un homme qui aspirait aux plus hautes responsabilités, il paraissait malsain et absolument contreproductif pour la cohésion nationale de développer une vision hémiplégique de la réalité. Emule en cela de Philippe Val, l'ancien directeur du journal satirique Charlie Hebdo, qui considérait que la politique arabe de la France est à l'origine de l'antisémitisme français. Mais DSK n'a pas, lui, l'excuse de l'ignorance : depuis l'Algérie voisine de son Maroc natal, les habitants de Sétif peuvent témoigner que la politique arabe de la France, du moins telle qu'ils l'ont vécue dans leur chair, n'était pas une supercherie. Rejeter sur l'étranger, en l'occurrence l'Arabe, les turpitudes inhérentes à la France, faire de l'Arabe le bouc émissaire de tous les maux de la société française est un artifice démagogique, un argument commode de populisme électoraliste. Si soucieux du destin des juifs de France, comment DSK a-t-il pu méconnaître leur histoire, oublier que l'affaire Dreyfus, par exemple, a éclaté cinquante ans avant l'arrivée des premiers Arabes en France, que de surcroît «le commissariat aux questions juives» du régime de Vichy avait été précédé du Bureau des affaires nord-africaines, dans l'entre-deux guerres, sans que cela n'entraîne la moindre réaction ' A l'intention de Dominique Strauss-Kahn, le moindre élève d'une classe élémentaire aurait pu rappeler que «la politique arabe de la France» a surtout consisté pour les pays arabes à voler au secours de la France, à deux reprises, au cours du XXe siècle, afin de l'aider à vaincre ses ennemis et à conserver sa liberté, notamment en 1939-1945, en l'aidant à se débarrasser du joug nazi dont une fraction importante de la communauté nationale de confession juive a lourdement pâti. (A suivre)
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