Oran - Revue de Presse

Un attentat suicide provoque un carnage à Karachi



Au moins 130 personnes ont été tuées à Karachi dans la nuit de jeudi à vendredi dans un attentat suicide visant, mais sans l?atteindre, l?ancien Premier ministre du Pakistan Benazir Bhutto, rentrée triomphalement dans son pays après huit ans d?exil. C?est le plus meurtrier des attentats suicide jamais perpétrés au Pakistan. La mégalopole du sud du pays avait pourtant été transformée en forteresse, quadrillée par 20.000 policiers, à la suite de menaces d?attentats islamistes. Le président Pervez Musharraf, qui a pris le pouvoir il y a huit ans par un coup d?Etat sans violences et négocie depuis plusieurs mois un partage du pouvoir avec Mme Bhutto, «a condamné cette attaque dans les termes les plus fermes», parlant d?»un complot contre la démocratie». C?est au cours d?un défilé, qui durait déjà depuis neuf heures dans la cité portuaire tentaculaire, que le camion blindé sur lequel Mme Bhutto était juchée a été visé par l?attentat. Une grenade et une bombe ont explosé à quelques mètres à peine du poids lourd, mais Mme Bhutto est «saine et sauve», ont aussitôt dit les autorités. Au moins 130 personnes ont été tuées et quelque 400 blessées, selon un décompte de l?AFP à partir des bilans des cinq hôpitaux où ont été emmenés les morts et les blessés. Sur les lieux du carnage, la chaussée était couverte de sang et de morceaux de corps, ont constaté des photographes de l?AFP. «C?est comme si je marchais dans un abattoir. Certains corps étaient intacts, d?autres complètement démembrés», a raconté l?un d?eux. «C?était un attentat suicide qui visait Benazir Bhutto», a expliqué à l?AFP le chef de la police de Karachi, Azhar Farooqi. «Une première grenade a été lancée dans la foule et un kamikaze a fait exploser la bombe qu?il portait sur lui», a-t-il ajouté. Tous les témoins ont entendu deux explosions. «Une opération préparée méticuleusement et menée par un expert», a souligné l?officier. Mme Bhutto était menacée de mort après avoir promis à plusieurs reprises d?»éradiquer la menace islamiste» de son pays, en proie depuis plus de trois mois à une vague sans précédent d?attentats suicide. Le gouvernement avait donc promis une sécurité maximale. A son arrivée à Karachi dans l?après-midi, Benazir Bhutto, 54 ans, s?était laissée porter par l?émotion, fondant en larmes en posant un pied sur le sol de son pays. «C?est un moment historique et plein d?émotions. Je suis bouleversée par la foule venue m?accueillir», a-t-elle dit. Elle avait grimpé sur la plateforme du camion, se tenant debout, à découvert, sans se soucier des boucliers blindés installés sur le véhicule. Le poids lourd menait une procession - prévue pour durer 18 heures - jusqu?au mausolée du fondateur du Pakistan, Muhammad Ali Jinnah. Quelque 250.000 partisans, selon la police, plus d?un million selon son parti, jubilaient, chantaient, dansaient, tapaient sur des tambours dans les rues de Karachi, peuplée de 12 millions d?âmes. Ses sympathisants vouent un véritable culte à la première femme à avoir été Premier ministre dans le monde musulman et l?unique à la tête de la République islamique du Pakistan, puissance nucléaire de 160 millions d?habitants.
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