Oran - Revue de Presse

Trois militaires tués en Mauritanie Nouvel attentat, le rallye de Dakar maintenu



Trois jours après l'assassinat de quatre touristes français, la Mauritanie a de nouveau été endeuillée jeudi par une attaque qui a coûté la vie à trois militaires dans le nord-est du pays. Ce nouveau regain de tension dans une région, jusque-là, épargnée par les attentats terroristes, a suscité l'inquiétude au sein des autorités mauritaniennes et la crainte des responsables du rallye-raid Dakar-2008, qui prévoit huit étapes en Mauritanie entre le 11 et le 19 janvier. Une crainte qui n'a cependant pas conduit à l'annulation des étapes mauritaniennes du rallye-raid. Dans la matinée d'hier, un communiqué diffusé par l'agence mauritanienne de presse AMI, a annoncé que trois soldats ont été tués dans une embuscade qui leur a été tendue au moment où ils poursuivaient un véhicule non identifié qui s'était approché de leur base de El-Ghallawiya, a environ 700 km au nord-est de la capitale Nouakchott. Ce nouveau bilan corrige un précédent décompte annoncé par le Premier ministre Zeine Ould Zeidane, qui avait indiqué par erreur jeudi soir devant le Parlement que «l'attaque criminelle a fait quatre morts». Aucune information n'était encore disponible sur l'identité des responsables de cette attaque, qui pourraient être des salafistes comme ce fut le cas lors de la précédente attaque contre les touristes français. Le rescapé, un septuagénaire, François Tollet, a été rapatrié à Lyon mercredi, où il est hospitalisé. «Ce qui le choque terriblement c'est que ça s'est passé en 20 secondes, 30 secondes», a expliqué à la chaîne de télévision France 3 Robert Niarfeix, neveu du blessé. «Ils n'ont pas eu le temps ni de négocier ni de discuter ni rien du tout». Selon le parquet général de Nouakchott, deux des trois assaillants, des Mauritaniens, avaient été arrêtés en 2006 pour appartenance présumée au GSPC. Le groupe n'a toutefois pas revendiqué l'attaque. La traque se poursuivait jeudi soir entre la Mauritanie, le Sénégal et le Mali pour retrouver les meurtriers, qui ont fui vers le Sénégal. Selon Sidi Moloud Ould Brahim, gouverneur de la région du Brakna (sud) cité par l'AFP, les fugitifs «ont été vus pour la dernière fois mardi soir dans la ville de Richard Toll», dans le nord du Sénégal, près de la frontière mauritanienne. Le commandant Daouda Diop, porte-parole de la gendarmerie sénégalaise, a indiqué jeudi soir que ses services «suivent plusieurs pistes dans cette zone». Il n'a toutefois pas pu confirmer la localisation des fugitifs. La Mauritanie, le Sénégal et le Mali coordonnaient leurs efforts depuis jeudi pour traquer les trois terroristes. En parallèle, les recherches se poursuivaient également en Mauritanie et au Mali, où le ministère de la Défense a indiqué que l'armée avait «renforcé ce jeudi le dispositif de sécurité à la frontière avec la Mauritanie», longue de plus de 2.000 km. En Mauritanie, le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a demandé à son gouvernement de prendre «toutes les mesures nécessaires (...) pour renforcer davantage la sécurité», a annoncé jeudi le gouvernement. L'unique parti islamiste reconnu en Mauritanie, le Rassemblement national pour la réforme et le développement (UNRD), a fermement condamné ces assassinats. Hier, des sources sécuritaires citées par l'AFP ont indiqué que des renforts militaires avaient été dépêchés vers le nord-est du pays, pour tenter de poursuivre les auteurs de l'attaque. Le Premier ministre a qualifié les agresseurs de «terroristes», sans toutefois désigner le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC). Ces attaques n'ont toutefois pas remis en question l'organisation du rallye-raid Dakar-2008. En effet, les organisateurs du rallye-raid ont décidé de maintenir les étapes mauritaniennes de l'épreuve, prévues du 11 au 19 janvier. C'est ce qu'a annoncé à l'AFP le patron de l'épreuve Etienne Lavigne, qui a estimé que «les conditions de sécurité sont réunies». Le directeur de l'épreuve a fait ces déclarations au terme d'une visite de 24h au cours de laquelle il s'est entretenu avec les autorités civiles et militaires de Mauritanie, ainsi qu'avec des responsables de l'ambassade de France à Nouakchott. Ces entretiens visaient à étudier les conditions de sécurité de l'épreuve. «Nos interlocuteurs sont apparus très responsables et lucides. Ils partagent la même analyse et font preuve de sang-froid et de détermination», a salué M. Lavigne. Quelques minutes plus tôt, le ministre mauritanien de l'Intérieur Yall Zakaria avait annoncé que son pays mobilisera 2.000 militaires et autant d'agents sans uniforme pour assurer la sécurité du rallye-raid, au sortir d'une réunion avec les organisateurs. «Ils repartent rassurés et confortés au terme de nos discussions», a indiqué le ministre, affirmant que «les deux attaques (de cette semaine) sont des actes isolés et ne sauraient être interprétés comme étant la preuve que la Mauritanie est un pays d'insécurité». «Plusieurs milliers d'hommes seront déployés sur les points de passage des étapes et des liaisons, ainsi qu'au niveau des bivouacs, et des points de filtrage seront mis en place partout», a détaillé M. Lavigne. Ce dernier a également précisé que les dispositifs de sécurité requis seront «mis en place très tôt, bien avant l'arrivée de l'épreuve en Mauritanie».
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