De plus en plus de nouveau-nés morts ou vivants sont découverts par les services de la Gendarmerie nationale ou de la police, abandonnés dans la rue. Depuis le début de l'année, trente nouveau-nés, dont 19 morts, ont été découverts abandonnés à Oran. Le pic a été atteint durant le mois de février où 9 nouveau-nés ont été découverts, suivi par le mois de janvier avec sept cas dont un a été découvert mort à Haï Oussama (ex-Boulanger).
Ces nourrissons ont été abandonnés dans la rue où dans des décharges sauvages, parfois dans les pires conditions. Certains ont été découverts en état de décomposition très avancé, mutilés, morts par hypothermie. Leurs dépouilles ont été déposées au niveau de la morgue.
Pour ce qui est des nouveau-nés découverts vivants et après un examen médical, ils sont évacués vers la pouponnière. L'année dernière, 37 nouveau-nés dont 22 morts ont été découvert abandonnés et autant en 2006 dont une vingtaine sans vie. En 2005, la Protection civile de la wilaya d'Oran avait découvert 23 nouveau-nés abandonnés (16 de sexe masculin et 7 de sexe féminin) dont 8 ont été trouvés morts. Les chiffres montrent que ce phénomène ne cesse de prendre de l'ampleur, notamment au niveau des grandes villes.
« Par manque d'informations, les mères célibataires, de crainte d'être identifiées, au lieu de s'adresser au centre d'accueil des enfants ou aux pouponnières, préfèrent abandonner leur progénitures dans la rue », nous dira une source de la direction de l'Action sociale. Cependant, les services concernés (pouponnière ou centre d'accueil) se portent garants de la discrétion pour tout ce qui touche à l'identification de la mère biologique. « La décision d'abandon implique la rupture de tout lien avec l'enfant, la perte de tout droit sur lui et le secret absolu de son placement.
La mère est assurée du secret des renseignements fournis qui ne peuvent en aucune façon être utilisés contre elle », affirme notre source. Les mères qui abandonnent leurs enfants ont trois mois pour revenir sur leur décision, si elles émettent le voeu de les récupérer dès le premier mois de l'abandon. Une foi le délai expiré, l'enfant sera systématiquement placé en milieu familial. Notons que chaque année, une moyenne de 150 enfants abandonnés sont pris en charge dans la cadre de la Kafala.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : J Boukraâ
Source : www.lequotidien-oran.com