Le phénomène de la disparition de certaines lignes de transport urbain est
devenu, au fil du temps, désordre et désinvolture dans ce secteur, devenant
chose courante à Oran. Sans crier gare, des opérateurs boudent soudainement
telle ou telle ligne, au prétexte que « ça ne rapporte plus. » Le lendemain, ils
prennent le cap d'une autre destination plus rentable, laissant les usagers de
leur desserte d'origine livrés à eux-mêmes. Le changement d'itinéraire se fait
sans aucune démarche préalable. Les formalités se font en général après coup, c'est-à-dire
en cours d'exercice sur la nouvelle liaison.
Les usagers des lignes C (reliant la place Roux - M'dina
Djdida - à Canastel) et 14
(reliant Maraval à Mers El-Kébir)
ont appris ce fait à leurs dépens. En effet, depuis pratiquement le début du
mois de ramadhan, les bus C et 14 ont disparu de la circulation. A vrais dire, il
n'en reste qu'un ou deux. Pour la figuration. Cette situation est durement
vécue par les habitants de ces deux localités, notamment. Pour rallier la ville
d'Oran, les habitants de Canastel et des alentours
sont obligés, pour la plupart, de transiter par l'arrêt de bus situé à Es-Seddikia, pour prendre un autre bus (B ou 31…). Etant
donné qu'aucun bus n'assure à présent le trajet Canastel-Es
Seddikia, le recours aux taxis clandestins est
quasiment forcé. Pour ceux qui doivent faire quotiennement
la navette, cela devient aussi ruinant qu'épuisant à la longue. Le nombre
réduit de bus qui assurent toujours le service sur la ligne 31 ne fait que
compliquer la donne. Apparement, cette desserte ne
fait pas exception au phénomène du déclin progressif des lignes dites « non
rentables » dans le vocable singulièrement lucratif et mercantile des
transporteurs de tous bords. Bien des lignes - pas forcément expérimentales - sont
passées par cette dure et non moins insaisissable réalité, à l'instar des
lignes 1, 16, H… La ligne 14 est sur la même voie. Un par un, les opérateurs
agréés par la Direction
des transports pour assurer les services sur cette ligne urbaine ont migré. L'exode
massif des transporteurs a eu lieu. Toutefois, avec les travaux du tram et les
changements « casse-tête » de la trajectoire imposés par ce chantier
marathonien, les contraintes se sont répercutées sur les recettes. On peut
comprendre, dans le fond, la décision de ces opérateurs qui ne pouvaient tout
de même pas continuer de travailler à perte sur cette ligne à mille et un
problèmes.
Mais dans la forme, le déménagement s'est fait d'une manière peu
regardante sur le règlement et au mépris total de la notion de service public.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : H S
Source : www.lequotidien-oran.com