Oran - Revue de Presse

Aïd El Fitr: La notion du service public en question



Comme à l'accoutumée, les organisations des commerçants lancent, par différents moyens, des appels à tous leurs adhérents pour assurer leur mission durant les fêtes de l'Aïd qui auront lieu à partir de mercredi et par conséquent durant un week-end prolongé. L'Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) demande à tous les commerçants de rester disponibles dans l'intérêt du citoyen et assurer convenablement le service. Il est ainsi demandé des gérants de magasins d'alimentation générale, des vendeurs de fruits et légumes, des boulangers, des gérants de stations-service, ainsi que les transporteurs, à assurer leur mission. Cette année, une permanence sera assurée pour prendre toutes les doléances des citoyens, ainsi que des commerçants, rappelle le bureau d'Oran de l'UGCAA. Toutefois, cet appel peut s'avérer encore une fois un tir à blanc car, il faut le reconnaître, ce phénomène n'est nullement nouveau et le spectre pèse chaque année, notamment à Oran où durant les jours de fête ressemble à une ville morte. D'ailleurs, les citoyens se sont adaptés à cette situation au point où ils font leur plein de lait en sachet, de carburant et même de pain à J-2 pour éviter tout désagrément. Des commerçants témoignent que la dernière semaine du Ramadhan connaît une forte demande et les consommateurs font leur plein, notamment le lait qui devient rare étant donné que la production ne change pas et même si le producteur faisait un stock pour libérer son personnel, les distributeurs et les livreurs manqueront à l'appel. Idem pour le pain, du fait que 80% de la main-d'Å“uvre provient d'autres wilayas et les quelques boulangeries qui ouvrent ne peuvent satisfaire la demande et d'autres préfèrent vendre quelques fournées à des revendeurs afin de se libérer. Et c'est au marché des Aurès que le pain sera disponible mais avec un prix qui passe du simple au double. Quant aux cafés, les buralistes et les transports, ce n'est qu'en fin d'après-midi du jour de fête que certains osent se remettre au travail et ce sont sans conteste les clandestins qui se frottent les mains. Il en est de même pour les pharmacies qui demeurent fermées et ce sont celles qui ouvrent en H24 qui sont le plus sollicitées. Quant aux permanences, cela reste du domaine du fictif.


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