Difficile d'expliquer à un jeûneur que l'eau ne coule pas de son robinet alors qu'il a fait une chaleur de près de 40° en ce mois de carême.
Déjà qu'il est difficile pour lui de garder «ses esprits» jusqu'au coucher du soleil sans se désaltérer quand croira-t-il qu'il ne pourra même pas étancher sa soif ' Durant ce mois sacré, des coupures d'alimentation en eau potable ont été enregistrées un peu partout : Alger, Oran, Annaba, Bordj Bou-Arréridj, Tizi Ouzou, Tipasa, Blida'. Une situation qui est trop dure en pleine période de jeûne et de chaleurs caniculaires et qui souvent poussent à l'émeute, exactement comme cela a été le cas lors des coupures d'électricité répétées dans différentes régions du pays. En fait, en Algérie, il n'y a pas un manque d'eau ne permettant pas l'alimentation des citoyens mais plutôt un manque de volonté, de sérieux et de planification. Faut-il rappeler que l'hiver de cette année a été non pas seulement pluvieux mais fortement enneigé et que les barrages ont été obligés d'effectuer des lâcher afin d'éviter la rupture. Le remplissage des barrages à leur taux maximum était la fierté des responsables du secteur pendant l'hiver et ces derniers ne peuvent pas, quelques mois après seulement, prétexter le manque de cet élément vital. En réalité, les coupures d'eau sont causées par des travaux initiés au bon vouloir des responsables qui ne prennent en considération ni le citoyen, ni la précarité dans laquelle il va vivre, ni le temps que cela va durer, ni la période et ils pensent encore moins à l'alimenter avec des citernes. Il s'agit, comme toujours, de travaux réalisés par un secteur après d'autres travaux d'un autre secteur qui seront finalement suivis par des travaux de la Seaal pour détérioration des conduites d'AEP. En fin de compte, l'absence de planification, de coordination et le non respect du consommateur poussent certains citoyens à considérer cette situation comme une fatalité. Pour d'autres, ce sera plutôt la mèche qui fera exploser leur quartier, leur région et peut-être même le pays. En attendant que ça change ou que ça explose, il faudra peut-être retourner aux années d'antan ou des vieux ambulants offraient aux passants de l'eau bien fraîche de leur «guerba».
H.Y.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hasna Yacoub
Source : www.latribune-online.com